Mamange, mon devoir de mémoire

unbrindemaman © EM – Mamange, mon devoir de mémoire

Il est 23h01, cela doit déjà bien faire deux semaines que je me sens prête à écrire sur ce sujet. En journée, j’écris des articles entiers dans ma tête. Ils sont longs, très longs. Je dis tout ce que j’ai sur le cœur. Puis je m’assois devant mon ordinateur le soir, lorsque j’ai un moment, et je regarde la page blanche rester blanche, parce qu’à chaque fois je réalise qu’aucun mot ne peut décrire mes pensées, mes émotions, mon ressenti… Je me sens vide et j’ai le sentiment de n’avoir plus rien à écrire qui n’a de sens réel en comparaison de ce que je vis ou de ce que j’ai vécu.

Alors ce soir, je prends le clavier sans conviction de publier. Je vais écrire en espérant ne pas être interrompue dans mes pensées, et voir si je garde cet enchaînement de mots ou non. Même si je sais au fond de moi qu’aucun mot ne peut véritablement traduire ce que j’ai à exprimer.

Peu importe si mon récit est décousu, je me lance.

Je me rappelle, il y a bien des années, une petite fille dans la cours de récréation. Elle avait quelques années de moins que moi. Elle avait peut-être 8 ou même 12 ans, je ne sais plus. Toutes mes copines parlaient d’elle avec un ton accusateur. « Regarde, elle vient de perdre son père et elle vient à l’école », « Regarde, regarde, elle joue dans la récréation, elle s’amuse », « Regarde elle sourit », « Regarde elle n’est même pas triste »…

J’ai toujours gardé l’image de cette petite fille, qui avait perdu son père si jeune et qui parvenait à rester impassible aux yeux du monde.

Moi, j’ai toujours été spectatrice de ces types d’événements. Je me disais que j’avais de la chance de n’avoir jamais perdu qui que ce soit que je connaisse. Je me donnais la chair de poule en me demandant ce que ça faisait, et je finissais toujours par me dire « ça n’arrive qu’aux autres ». Je ne voulais pas y penser même si je savais évidemment que la mort fait partie de la vie.

J’en parle d’une certaine manière dans quasiment tous les articles depuis l’ouverture du blog et certaines d’entre vous l’on ressenti entre les lignes et l’ont compris… Je parle souvent de « mes enfants ».

C’est d’ailleurs la question la plus difficile au monde pour moi : « Combien d’enfants as-tu ? » Eh bien je suis doublement maman, n’en déplaise à certains. Maman de jumeaux, ce miracle fou m’est tombé dessus et m’a submergée de bonheur, un bonheur incommensurable. Huit mois de communion, de discussions, huit mois de petits coups de pieds, de mains qui se joignent, huit mois de guillis dans le ventre et dans le dos, huit mois de remontées acides et de vomis faute d’espace dans ce ventre plein à craquer par deux cœurs, deux petits corps chauds qui battaient au rythme du mien, de cœur. Trois cœurs dans un même corps. Beaucoup de sensations, beaucoup de communication et beaucoup d’amour entre nous.

Et puis un jour, mon mari et moi nous apprenons que nous avons « le choix du roi », une princesse et un prince. Nous sommes comblés de joie. A l’échographie, c’est toujours notre fils que nous voyons en premier, et avec plus de facilité. Notre fille se cache dans mon dos au point qu’il est difficile, voire impossible de tout contrôler pour elle, mais à chaque fois tout va bien, et nos merveilles grandissent au fil des mois, en pleine forme.

L’avant-vieille de la Date Prévue d’Accouchement, l’échographie indique que tout va parfaitement bien et que nous pourrons rencontrer nos enfants dans deux jours. « C’est parfait. »

La vieille de la DPA, j’apprends que l’un de mes enfants est plutôt très bas, une deuxième échographie est programmée dans la matinée.

Je revois les yeux livides de l’affreuse étudiante sage-femme. Puis tout s’accélère.

Un cœur sur trois s’est arrêté sans raison, à quelques heures de voir le jour. Aucune cause, pas de pistes. Rien. Le flou le plus complet.

Je suis laissé entre 10 blouses blanches muettes, et moi en larmes, perdue. Je cris de désespoir pour qu’on se presse de sauver mon fils. Je fais mille demandes, je pose des questions, je tremble. Tout est froid. « Ça ne sert à rien madame, c’est trop tard. »

Mon histoire, notre histoire, est un point d’interrogation. Personne ne sait pourquoi c’est arrivé. Je ne savais pas qu’un cœur pouvait cesser de battre à quelques heures du terme de la grossesse. C’est un rêve a portée de main qui m’a été arraché. J’ai vécu un traumatisme très profond. Inexplicable. Cet article me demande une énergie folle. J’ai le sentiment d’écrire du vide, je ne décris pas un dixième de ce que j’ai ressenti. J’ai cru que le temps s’arrêtait. Les images me reviennent et je ne comprends pas ce qui est arrivé. Je me sens perdue dans un brouillard d’incompréhension qu’aucun professionnel n’est en mesure d’expliquer ou d’éclaircir.

J’ai tenu ma fille, mon amour, ma princesse, ma merveille. Elle m’a embrassé au moment où je m’apprêtais à le faire. Elle m’a presque fait boire un peu de son liquide amniotique. Elle est venue à moi dans un élan d’amour. Elle était là, notre bébé. Bien réelle, sur moi. Je l’aime tellement.

Plus tard j’ai retrouvé mon roc, mon époux, qui venait de tout découvrir sur le tard. Et ensemble, nous avons pris notre fils dans les bras pour la première fois. Nous étions tous les quatre réunis ensemble. Notre fils, bien réel, là dans nos bras, notre bébé, sur nous, habillé, si beau. Je l’aime tellement.

Je fragmente mon récit car tous ces souvenirs sont à nous, je ne veux pas tout éparpiller. Je parle d’ailleurs à la première personne, mais nous avons tous les deux été profondément bouleversés. Ces souvenirs nous appartiennent seulement à nous, leurs parents, alors je garde tous les détails pour nous.

Tout au long de ma grossesse, quand je posais ma main sur mon ventre, c’est notre fils que je sentais. A la naissance, il pesait même plus que notre fille… Tout au long de ma grossesse, je voulais garder des souvenirs, et pour chaque vidéo que je revisionne aujourd’hui,  je sais que sous mon ventre qui bouge, ce sont les pieds et les bras de mon fils qui apparaissent. Sur l’échographie 3D, seul le portrait de mon fils a pu être vraiment capturé. Tous les profils visibles sur les échographies en gros plan ne sont autres que ceux de mon fils. A chaque fois que je ressortais des rendez-vous (un rendez-vous par mois pour une grossesse gémellaire comme la mienne), j’étais souvent inquiète pour ma fille. Je me demandais toujours si elle avait assez de place et si elle était confortablement installée en moi.

J’en viens au fond du sujet. Car ce n’est pas les détails de ma vie que je veux exposer ici. Ce n’est pas mon souhait du tout.

Aujourd’hui, je veux parler de quelque chose qui me déchire le cœur, lui qui est déjà bien abîmé. Je ne suis pas la seule à avoir vécu cela dans le monde, d’ailleurs c’est bien pour cela que j’ai pris mon temps avant d’inscrire le mot « mamange » ici. Je ne suis pas le « caliméro » de la blogosphère ou du monde. J’ai une peine qui me regarde. Je ne veux pas avoir à me justifier de mes larmes. Je n’ai pas à me justifier de penser à mon fils.

Mais j’ai entendu des choses atroces depuis que ce drame est arrivé et j’aimerais profiter de cet article pour les dénoncer :

– Une médecin rouge de honte, voix tremblotante, qui ne tenait pas en place sur son siège, m’a glissé, dans une volonté évidente de se dédouaner : «  Vous n’avez pas signalé que vous ne sentiez plus l’un des bébés alors je ne sais pas… » Cette phrase me met hors de moi. J’ai fait les cours de préparations à l’accouchement et j’ai posé cette question au moins trois fois. A chaque fois, la sage-femme me disait avec un air amusé de me calmer et de rester rationnel, car si je sentais du mouvement, c’était bon. Pour une femme enceinte de jumeaux, et je sais qu’il y en a beaucoup qui me suivent ici, entre deux mains, deux pieds, deux têtes, deux derrières, quatre bras, quatre jambes… il est tout bonnement impossible de savoir qui bouge quand. Surtout lorsque leurs rythmes de sommeil alternent.

J’avais des contractions depuis un moment, je remettais les décisions entre les mains des médecins. De toute façon, je n’avais pas mon mot à dire.

– Il y a eu les:  « Oh c’est bon, tu as déjà ta fille, estime-toi heureuse », « Il y en a pour qui c’est pire », « L’important c’est que toi, tu sois en vie », « Tu es sûre que tu n’as rien fait de mal ? », « Ce n’est qu’un bébé, tu n’avais pas encore vécu avec lui ».

Ai-je besoin de commenter ces réflexions ? Je ne suis pas dans un concours de malheurs et je ne demande à personne de peser ma peine, encore moins de la comparer.

J’aurais donné ma vie pour mon fils sans hésiter. Je sais que mon mari aussi aurait donné la sienne bien volontiers. Je l’ai tenu dans mes bras, je l’ai senti durant de nombreux mois. C’est mon fils. J’aime mes enfants plus que ma propre personne. J’aurais tout fait pour eux. La seule chose sur laquelle les médecins ont été clairs, c’est que rien ne peut expliquer ce qui est arrivé. C’est interne. « Un cœur qui s’arrête, cela peut arriver à n’importe qui, n’importe quand. » C’est inexplicable dans notre cas, car tout allait bien.

Mon fils n’est pas « qu’un bébé », c’est mon fils. La chair de ma chair. J’ai vu son sourire et ses cheveux, je l’ai porté dans mon ventre et dans mes bras, comme notre fille, comme sa jumelle. Ce n’est pas un mirage qui a traversé notre vie. C’est une réalité, un être qui a communiqué avec moi et mon époux, au même titre que notre fille qui nous accorde le plaisir de nous offrir ses éclats de rire chaque jour que Dieu fait. C’est peut-être d’ailleurs ce qui explique certaines de mes réactions hyper-protectrices vis-à-vis de ma fille. J’ai déjà perdu un enfant… Ce que nous avons vécu est très traumatisant. Je connais la valeur de la vie d’autant plus aujourd’hui qu’une partie de moi est partie.

– Il y aussi les faux tristes, un peu hypocrites ; ils vous regardent les sourcils en circonflexe et pensent vous rabaisser à coup de : « han, ma pauvre ».
La vérité, c’est que j’ai une double chance : celle d’avoir porté la vie, et celle d’avoir porté ces vies-là en particulier.

À choisir entre effacer tout ce qui est arrivé sans connaître mon fils, ou revivre la même chose, je choisirais de tout éprouver de nouveau. Je suis honorée d’être la maman de mes jumeaux. C’est une réelle fierté pour moi. Une richesse inestimable.

Toutes ces petites phrases assassines sont lancées le plus souvent par des gens qui n’ont pas d’enfants. Ils ne sont pas sensibles à cela. Ils cherchent à se mettre à ma place et se projettent sans comprendre. Ils n’ont rien vécu de ce que j’ai vécu, de ce que nous avons vécu.

Il y a différents types de réactions. Il y a ceux qui font comme si notre fils n’avait jamais existé. Ils l’omettent de toutes les discussions. Ils ne cherchent même pas à savoir si je vais bien concernant cette question. Il y a ceux qui minimisent ma peine, qui ne comprennent pas que je puisse être tant affectée. Ceux qui évitent le sujet à tout prix. Ceux qui parlent de manière très crue et froide, et qui veulent connaître tous les détails, sans pincettes. Il y a ceux qui se donnent le rôle des plus malheureux, ils pensent peut-être que leur peine pour ce qui m’est arrivée peut surpasser la mienne : je me demande qui dans ce monde peut prétendre être plus malheureux pour ma perte que moi, la mère de mes jumeaux, moi qui ai tout éprouvé, moi qui ai tout senti, moi qui ai tout vécu. Mes enfants m’ont tant donné durant ces longs mois de vie que nous avons partagés ensemble… Je n’ai plus de mots.

Aujourd’hui, j’ai le même sentiment que j’ai eu en sortant de la maternité il y a un an et quelques mois. Je sens qu’il manque quelqu’un. Je sens qu’il me manque une partie de moi. J’ai le cœur qui saigne un peu chaque jour et les yeux qui gouttent, dans l’ombre, à l’abri des regards, loin de celui de ma fille, pour qu’elle ne voie que mes sourires réconfortants. J’ai une blessure à vif qui continue de me brûler intérieurement et qui ne s’éteindra jamais.

A toutes les personnes qui m’ont déjà lancé un « oh eh, c’est bon hein, tu as ta fille auprès de toi, donc arrête de pleurer » : ces personnes ne comprennent pas que l’amour ne se divise pas, il se multiplie. Cela signifie que lorsque j’étais enceinte, mon cœur avait grandi. Il y avait une place pour moi, une pour mon mari, une pour ma fille et une pour mon fils. Puis, lorsque nous sommes rentrés à trois au lieu d’être quatre, j’ai ressenti un vide. La grossesse gémellaire ne justifie pas les pertes… Cette réflexion n’a aucun sens. Chaque enfant est une individualité à part entière, même quand ils arrivent par paire. Chaque enfant a une âme propre et un corps propre. Il n’est pas question de troc ou de compensation.

Mon fils me manque et je pense à lui chaque jour, plusieurs fois par jour même. Il est dans chacun de mes pas, dans chacun de mes mots, dans chacun de mes souffles, je l’aime et je le pleure un peu chaque jour. Cela n’enlève rien à l’amour et au bonheur incroyable que me procure ma fille. Je l’aime à un point que vous ne pouvez pas imaginer. Il n’est pas question de comparaison. C’est inimaginable. J’aime mes deux enfants comme je les ai aimés quand j’ai appris leur existence, et comme je les aimerai pour toujours. Ce n’est pas la durée de vie qui détermine la quantité d’amour à donner. Des souvenirs, j’en ai eu avec mon fils, j’en ai avec mon fils. Des souvenirs, j’en ai eu avec ma fille, j’en ai avec ma fille et j’espère en avoir encore beaucoup avec elle, la prunelle de mes yeux.

Ce que je veux crier haut et fort, c’est que notre fils est un être à part entière, un beau petit homme qui a passé du temps à jouer avec sa sœur jumelle et avec nous, dans mon ventre certes, mais tout ceci était bien réel. Il fait partie à part entière de notre famille.

Il nous a apporté tant de bonheur que je ne peux pas accepter que des personnes cherchent, par leurs mots ou leurs attitudes, à étouffer ou à minimiser son existence. Ces mêmes personnes peuvent trouver cela absurde d’enterrer un bébé. Pour nous, c’était une évidence.

C’est notre fils. Il a apporté quelque chose au monde en partageant de son temps et du bonheur avec nous. En nous impactant, il a impacté le monde et il continuera de le faire aussi longtemps que sa mémoire restera vivante dans nos cœurs et dans nos esprits. Je voudrais crier fort : Mon fils, tu n’es pas orphelin d’amour sur cette terre. Nous t’aimons, ta sœur jumelle, ton père, et moi, ta maman.

Ma première grossesse a fait de moi une maman et une mamange en même temps. Pour mon époux et moi, ce fut notre première expérience en tant que parents. Parents de jumeaux, parents pour la première fois et puis parange aussi…

Aujourd’hui, je l’écris noir sur blanc, même si j’ai mis du temps à le faire clairement ici. Pourquoi j’ai pris ce temps ? Parce que je ne veux pas faire pleurer les chaumières. Parce que toutes les larmes qui englobent notre histoire sont pour nous, elles nous appartiennent. Parce que je ne veux pas répondre aux questions des curieux et déballer notre vie, je veux garder le contrôle, éviter les intrusions, éviter les jugements et les suppositions stériles. Je veux vivre ma peine d’avoir perdu mon fils, et ma joie d’avoir ma fille auprès de moi, sans me justifier, sans réfléchir aux dires des autres qui ne savent pas, qui ne comprennent pas…

Avec le temps et l’expérience, je crois pouvoir dire que les émotions les plus sincères sont les plus décomplexées. Pour moi, elles se font à l’abri du feu des projecteurs. En façade, je peux être impassible et même rire, comme le faisait la petite fille de la récréation de mon enfance, et puis dans l’ombre, je sais très bien où j’en suis avec cette question.

J’ai la foi, c’est important à mentionner aussi, car cela m’aide beaucoup. Je sais que je ne pleure pas pour mon fils, qui est à l’abri des vices de ce monde, mais je pleure mon fils. C’est-à-dire que c’est pour moi que je pleure, parce qu’il me manque. J’ai besoin de lui, plus qu’il n’a besoin de moi là où il se trouve. Je voudrais ressentir son amour et être sûre qu’il puisse ressentir le mien. Le manque est difficile à supporter mais je vais bien. Nous allons tous bien, nous continuons à vivre bercés par les sourires de notre princesse qui égaye notre quotidien. Cette épreuve nous a soudés plus que jamais.

J’écris cet article pour dire au monde que notre fils a existé. Il a bouleversé notre vie, et dans chacune de nos actions, il est là. Il continue d’exister dans nos mémoires et dans notre cœur, il nous pousse à être meilleurs chaque jour et dans cette mesure, il continue d’apporter au monde. Il est très important dans nos vies.

Je l’écris aussi pour dire que les mamanges ont des droits. Elles ont le droit de raviver la mémoire de l’existence de leurs petits anges dans les mémoires car oui, ils ont bel et bien existé. Dans mon cas, c’est plus qu’un droit, c’est un devoir, car délaisser son souvenir et l’oublier serait inhumain à mes yeux, ingrat même.

Contrairement à ce que beaucoup de personnes peuvent imaginer, il n’y a rien de plus réconfortant pour moi que de parler de mon bébé, parler de ses traits et des souvenirs que j’ai avec lui. Il n’y a rien de plus réconfortant pour moi que de rappeler son nom dans mon quotidien. Son nom est un pansement pour mon cœur meurtri. La mémoire de son nom le fait être parmi nous, et à chaque fois que je l’entends résonner, mon cœur sourit et je m’apaise.

Nous ne t’oublierons jamais.
Mon fils, je t’aime depuis toujours et pour toujours.

EM.

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14 réponses à Mamange, mon devoir de mémoire

  1. Suzanne dit :

    Les mots aident à donner un sens à ce que tu as que vous avez vécu, à continuer à honorer sa mémoire et le faire vivre parce qu’il a fait, fait et fera toujours partie de votre vie. Ton amour est immense et va même au-delà de l’infini et ton article est une belle déclaration de cet amour maternel que rien ne peut surpasser…
    Je t’envoie mes plus belles pensées en toute discrétion mais elles sont là pour toi alors n’hésite pas. Je vous embrasse bien fort…

  2. Je ne peux que te comprendre. Tu as les mots, moi je ne les ai pas.

  3. Honeymum dit :

    Salut Em,
    J’ai lu jusqu’au bout, et j’ai eu l’impression de t’écouter (même si je ne connais pas ta voix). Du coup, je n’ai pas envie de te dire quoi que ce soit. Je n’ai pas de mots à rajouter, rien à dire parce que c’était ton, votre, message d’amour et je l’ai ressenti au plus profond de mon cœur ! J’ai juste envie de t’envoyer à toi et à ta famille beaucoup d’amour et de lumière, parce que c’est la seule chose que je peux faire.
    Je t’ambrasse fort <3
    Estefania
    Honey Mum

  4. Colette dit :

    Je suis très émue en lisant ces propos. Ce sont des mots particuliers, ceux du cœur, des sentiments de la souffrance et de la douleur. Ces mots sonnent vrai.
    Bien entendu, ils ne disent pas tout, la douleur et la perte d’un enfant sont sans doute des ressentis trop violents pour être exprimés en mots mais j’imagine qu’un peu de mots, ça fait ‘exister’ cet enfant. C’est très important!

  5. Je suis très émue… Ma réponse va paraître décousue, mais je me lance :
    tes mots sont justes, tes mots sont beaux… Je pense que les personnes auront toujours quelque chose à dire quoi qu’il en soit… Écris autant que tu veux pour ton fils… je serai là pour te lire, à défaut de pouvoir t’écouter… Des douces pensées pour toi, pour vous…

  6. Paty dit :

    Cc EM,
    Bon, j’ai sorti la boîte de mouchoirs… J’ai eu l’immense privilège ne ne pas avoir à vivre directement ce traumatisme, qui reste gravé à jamais dans le coeur des paranges, c’est sûr… Je l’ai vécu indirectement, alors je crois que je peux dire que je comprends, et que je compatis sincèrement…
    Mon cri à moi serait plutôt envers certains professionnels qui ne font pas ce qu’il faut, ne prennent pas assez de précautions, parce qu’une naissance est devenue « banale » à leurs yeux… Ils ne sont pas tous comme çà, fort heureusement, mais çà reste toujours une petite voix dans ma tête : être « enceinte » n’est pas une maladie, mais ce n’est pas un état « banal », et la mortalité infantile existe toujours, même dans nos pays hyper médicalisé et où les mamans sont en principe très bien suivies… Non, devenir maman, et papa, n’est pas « banal », et la vie ne tient qu’à un fil, elle ne s’explique pas complètement … comme la mort de ton fils … Certains vont rechercher « à qui la faute », d’autres s’auto – flageller en se disant qu’ils n’ont pas fait ce qu’il fallait pour éviter l’issue fatale … Cet « accident de la vie » était fréquent avant toutes les avancées des recherches médicales, il est heureusement bien moins fréquent aujourd’hui, mais il existe toujours et laisse de très grandes blessures…
    Et face à la mort, chacun réagit comme il peut : parler de l’être disparu, ne pas en parler (ce qui ne veut pas dire qu’on l’oublie), le faire « vivre » dans notre quotidien et même lui parler, ou le laisser dans sa vie « d’après vie »… Il n’y a pas de règles communes, chacun réagit comme il peut… Je dis bien comme il peut, et non comme il veut… D’autan que la mort d’un enfant n’est pas dans la « logique » de la vie…
    Ta fille n’est pas une compensation, EM, c’est sûr, mais par son existence, elle te pousse (vous pousse) à aller de l’avant et à ne pas trop regarder le passé et ce qui « aurait pu être », car elle a besoin de vous, là, maintenant et pour longtemps… Et elle a des « souvenirs » de cette grossesse à deux, des liens qui ne s’expliquent pas. La gestion de « l’après » est personnel et ne peut, ne doit, être ni jugé ni vraiment « conseillé »…
    Pardon, EM, j’ai bien trop écrit sur ton « souvenir douloureux »… Il ne m’appartient pas … mais je pleure avec toi, c’est plus fort que moi…
    De tout coeur avec toi…♥♥♥♥♥♥♥♥♥

  7. Malheureusement je suis bien impuissante derrière mon écran. Je ne pourrai trouver les mots justes alors je me contenterai de t’écrire, d’être là, de laisser une trace de ma présence après la lecture de ce texte.
    Toutes mes pensées vont vers vous,
    L’amour reste.
    Charlotte.

  8. Comme beaucoup d’autres lectrices je n’ai pas de mots de réconfort à t’offrir car Je crois qu’ils ne seraient pas assez forts, ou peut être pas appropriés. Mais je t’envoie toutes mes pensées et mon amour, chère EM.

  9. Dinde De Toi dit :

    J’avoue que j’attendais cet article. Il fallait que ça sorte. J’avais l’impression que tu voulais en parler puisque tu y faisais discrètement allusion ici et là mais que ta pudeur t’empêchait de t’exprimer au grand jour.
    J’espère que l’écrire noir sur blanc et le publier ici t’a permis de sortir un peu de la douleur que tu contiens. On devine le cheminent du deuil derrière tes mots et je suis heureuse de constater que tu n’es pas (ou plus) dans la colère et la culpabilité, que ton fils est dans tes pensées sans que toi tu sois plongée dans la tourmente.
    Vu l’heure de publication, et j’imagine que tu as tout écrit d’une traite, tu n’as pas du dormir beaucoup 😧. Tu parlais de ta vie à deux vitesses, de ton engouement pour ta boutique qui se dessine mais il te faut aussi du repos !

  10. une mummy dit :

    Cet article est magnifique. Outre le fait que tes mots témoignent avec une délicate justesse de ton amour envers ton fils parti trop tôt, il me aussi les pieds dans le plat et cela fait du bien. Ce que tu as vécu marque à vie, n’en déplaise à tous les imbéciles qui ne peuvent le comprendre! Un bébé, dès lors que l’on apprend son existence, compte, et le terme de sa mort n’enlève rien à l’amour qu’on lui portait ou la place qu’il occupait dans la famille. Je pense que pour comprendre la chose, il faut en effet avoir des enfants. Et on la comprend d’autant mieux encore, lorsqu’on a traversé la perte d’un ou plusieurs d’entre eux, avant leur naissance. Je te comprends parfaitement bien et t’épargnerai les « je te plains » ou autres qui finissent par horripiler autant que le reste. Tu es en tout cas très courageuse d’avoir réussi à poser ces mots ici. Plein de pensées et longue vie à ta fille.

  11. Pellicule de vie dit :

    Je trouve que c’est le pire dans la mort, la perte d’un enfant. J’ai perdu mes parents mais si j’avais perdu un de mes garçons, j’aurai du mal à m’en remettre.. Comme c’est écrit dans le Coran, l’âme de l’enfant est insufflé à 4 mois de grossesse donc ton fils existait. C’était un être humain. Je t’embrasse très fort

  12. Je suis derrière mon écran et j’entends ta voix. Oui je t’entends. Je sentait ou je pressentais… Je ne trouve pas de mots… ma boite de mouchoirs à côté et mes yeux remplis de larmes. Tu sera toujours la maman de tes enfants. Personne ne peut se mettre à ta place et surtout les soi-disant conseils que j’ai lu… ne les écoutent pas, ils sont stupides. On ne peut comprendre que lorsqu’on a des enfants. A distance, je te serre fort contre mon cœur💖

  13. Justine dit :

    Ton article est bouleversant… J’ai même dû le lire en plusieurs fois. Tu es extrêmement courageuse. Je n’ai pas d’enfant mais je peux tout de même déjà imaginer à quel point ça a pu être difficile et à quel point ça l’est toujours d’ailleurs. Grâce à cet article, on pense tous à lui et on lui envoie de l’amour. J’espère que ça te fait le plus grand bien d’en avoir parlé, gros bisous <3

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