#RDVdesmots – Confucius – Le 5-10-15 pour endormir bébé

unbrindemaman © EM – #RDVdesmots – Confucius – Le 5-10-15 pour endormir bébé

Le #RDVdesmots, c’est une semaine, une citation, une production libre.

Vous souhaitez participer au rendez-vous des mots ? C’est très simple, il vous suffit d’être inspirée par la citation, vous pouvez participer sur votre blog, sur Instagram, Facebook, Twitter ou même en commentaire. Il n’y a pas de jour imposé ou d’ordre, pas de contraintes. Tout le monde peut participer. Faites parler votre imagination ! N’oubliez pas d’utiliser le hashtag #RDVdesmots et de faire signe en commentaire pour que nous puissions nous retrouver les unes les autres.

Je vous laisse ici les citations des semaines passées, que vous pouvez vous approprier à tout moment :

 

« Nulle pierre ne peut être polie sans friction,
nul homme ne peut parfaire son expérience sans épreuve. »

Confucius

J’aime ma fille. Je peux aisément dire que c’est l’être présent sur terre, à l’instant où j’écris ces lignes, que j’aime le plus au monde. Elle est ma chair, elle a grandi en moi. J’ai senti ses coups. Nos cœurs ont battu en rythme durant de longs et parfois douloureux mois. La grossesse est une épreuve indélébile dans la vie d’une femme, et cette étape de ma vie reste vive dans mon esprit tant elle a été parsemée de surprises. De belles surprises, de belles rencontres. Et puis de la douleur, de la longueur aussi mais finalement c’est le positif que je retiens. Celui d’être devenue mère. La joie d’être maman à mon tour et d’avoir quelque chose à offrir à ce monde.

Notre fille est là parmi nous et elle m’inonde de bonheur chaque jour et chaque seconde. Je l’aime du fin fond de mes entrailles et je sais qu’elle perçoit mon affection et mon attachement. Je le vois dans son regard profond. Dans ses grands sourire. Et je le sens tout simplement dans l’air que nous partageons ensemble. Tous les trois, un brin de papa, un brin de maman et notre bébé.

Actuellement, nous n’avons que notre fille à choyer sur cette terre. Toute notre énergie converge dans sa direction. Avec elle, nous apprenons pour la première fois notre nouveau métier de parent et avec elle, nous découvrons une nouvelle facette de la vie qui nous était complètement inconnu auparavant.

J’ai eu beau côtoyer nombre d’enfants au cours de ma vie, il n’empêche que le lien fusionnel qui m’unit à ma fille reste unique et inédit.

Ce lien magique est peut-être invisible aux yeux du monde et pourtant, il est bien réel. Très présent et bien marqué entre nous. Ma fille le sait bien et elle a fortement contribué à l’enrichir, l’étoffer et le tisser davantage à mesure que le temps avançait, et qu’elle grandissait…

Pour décrire notre relation, je peux vous parler de la réactivité avec laquelle j’accours lorsque je l’entends pleurer. Je pourrais aussi vous décrire nos longs et délicieux échanges de regards qui ne se quittent jamais avant d’être sur que les messages que renferment nos cœurs ont bien été transmis.

Je pourrais vous dire que depuis sa naissance, il y a bientôt un an, je n’ai dû me séparer d’elle qu’à deux petites reprises. Pour aller au bout de la rue. Moins d’une demi-heure à chaque fois. Je me déplace toujours avec mon bébé. Nous sommes toujours ensemble.

Notre relation est calme et nos échanges sont très tendres et réconfortants, ce qui n’empêche pas à des éclats de rires de venir ponctuer nos journées. En bref, je ne peux pas me passer de ma fille, elle est mon remède pour me sentir toujours bien et joyeuse. J’ai besoin de sentir sa présence et je me surprends à chercher sans arrêt son regard, ce qu’elle ne manque pas de faire en retour. Elle me fait voir la vie en rose et je me réjouis chaque jour de la complicité que nous entretenons.

Notre fille est allaitée depuis sa naissance, ce qui démultiplie encore ce sentiment de fusion. L’allaitement est régulé en fonction de la demande de l’enfant mais aussi par sa simple présence. Cela signifie que la simple vue du bébé peut stimuler le mécanisme de la lactation. Plus encore que moléculaire ou émotionnel, notre lien est donc quasiment chimique. Magique.

Les mamans qui me liront ont probablement ressenti cet instinct maternel dès la naissance de leur bébé. Pour ma part, j’ai la sensation que ce sentiment ne fait qu’accroître de jour en jour. Les besoins physique et émotionnels de mon bébé ont été comblés avec beaucoup d’attention depuis que nous la comptons parmi nous. Ceci dit ,depuis quelques semaine j’ai noté que la dépendance que nous avions l’une pour l’autre s’était incroyablement développée au point de perturber les nuits de ma choupette de façon assez phénoménale.

Alors qu’un bébé de près d’un an n’a plus besoin de se nourrir la nuit, ma fille qui a fait ses nuits jusqu’à ses quatre mois environ s’est mise à se réveiller près d’une dizaine de fois par nuit pour s’assurer que j’étais bien auprès d’elle.

Plus elle grandissait et plus elle avait de l’énergie pour nous faire comprendre qu’elle voulait rester auprès de nous. Nous sommes devenus des formes de « doudous » géants, à disposition. Si nous voulions qu’elle se rendorme rapidement, il fallait la rassurer avec du lait dans les secondes qui suivait un gémissement.

Au-delà du fait que ces réveils nocturnes tranchaient ses nuits (et les miennes au passage), je me suis mise à m’inquiéter de la confiance que ma fille pouvait retrouver en elle.

A un an, nous souhaitons que notre fille puisse commencer à gérer ses émotions dans des situations dans lesquelles elle sera de toute façon amenée à être seule dans sa vie future. Nous avons vu dans le cadre du sommeil un contexte idéal pour l’accompagner progressivement et en douceur vers cet apprentissage de la confiance en soi.

Voici un rapide état des lieux au moment de notre prise de conscience :

Moi, maman surprotectrice à un point que vous ne pouvez pas imaginer. A l’affût de la moindre contrariété, le sommeil léger. Très léger. Très très léger.
Nos nuits tranchées et loin, très loin d’être réparatrices.
Moi, gaga et complètement attendrie de voir concrètement que je suis indispensable au bonheur de mon bébé.
Ma fille, fatiguée et plus facilement irritable la journée, puisque mal reposée la nuit.
Moi, le dos complètement déséquilibré, la nuque courbaturé.
Mon mari, qui a développé une dextérité digne de 007 pour éviter de réveiller bébé.
Moi, fatiguée.
Mon bébé, heureux mais terriblement dépendant.
Moi, réveillée de longues minutes à observer, les yeux larmoyants, ma merveille qui dort paisiblement.

C’est dans de telles problématiques que la citation de Confucius prend un grand intérêt à mes yeux. « Nulle pierre ne peut être polie sans friction, nul homme ne peut parfaire son expérience sans épreuve. »

Oui, vous avez bien lu, nous avons décidé de mettre à l’épreuve les nuits paisibles de notre bébé pour l’aider à avoir de vraies nuits réparatrices. Faire l’expérience du vrai repos devait passer par une nuit complète sans réveil. Parvenir à s’endormir seule était l’une des clés du succès.

Je souligne qu’en règle générale, ma fille est un bébé très facile à vivre, vraiment adorable, qui se réconforte très vite et qui pleure très peu, surtout lorsque l’on répond à ses demandes assez vite. Notre mode de sommeil nous convenait donc plutôt bien puisque bébé s’endormait vite et sans crise.

Nous étions donc conscients que notre confort serait perturbé un moment, au profit de quelque chose de meilleur sur un plus long terme.

Quoi qu’il arrive, je savais que notre attachement inconditionnel l’une pour l’autre allait rester intact, car il dépasse le simple cadre du coucher… mais dans sa forme, je souhaitais laisser du jeu à mon bébé pour lui permettre de s’épanouir avec assurance dans la vie pleine d’épreuves qui l’attend. Nous avons eu de longues réflexions sur l’avenir. Ses nuits seule, sa première rentrée à l’école, l’équilibre qu’elle pourrait trouver si notre petite famille s’agrandissait à l’avenir…

Chacune des étapes ne devrait alors pas être perçue comme un déchirement mais plutôt comme une épreuve surmontable amortie par un bagage que nous aurions contribué à lui fournir année après année.

La décision était prise. Notre fille devait grandir et nous devions l’aider et l’accompagner dans cette étape indispensable à son bien être.

Après plusieurs lectures, je suis tombée sur la méthode du 5-10-15 : le principe est simple, il consiste à mettre en place un rituel du coucher rassurant, puis dire à son enfant qu’il est l’heure de dormir et le laisser seul dans son lit 5 minutes, puis venir le revoir aux 10 minutes suivantes et encore aux 15 minutes suivantes s’il n’a pas cessé de pleurer. En ne restant pas plus de 3 minutes dans la chambre à chaque visite et en ne laissant jamais l’enfant pleurer seule 20 minutes ou plus, sans quoi il aurait le sentiment d’avoir été abandonné.

Enoncée comme cela, cette méthode semble inhumaine. Je vous le dit tout de suite : cette méthode est extrêmement difficile à appliquer.

Les éléments indispensables à la réussite de cette méthode ont été le soutien, la patience et le calme olympien de mon époux qui a su gérer les situations de stress.

Nous avons pris le 5-10-15 et nous avons modifié les règles du jeu pour le rendre plus facilement applicable.

Notre rituel ne dure pas 15 minutes mais plutôt 40 voir plus. Après le dîner, la toilette et le lait, bébé se défoule en jouant dans le salon un bon quart d’heure sous une lumière tamisé qui annonce la fin de la journée. Elle dissocie ainsi la nourriture et le sommeil.

Arrive ensuite le moment de monter dans sa chambre en famille, toujours sous une lumière toute douce où elle a le droit à une histoire racontée par maman suivie de belles paroles réconfortantes récitées par papa. A ce moment, je vérifie de nouveau que la couche est bien propre et que mon bébé n’a pas de fièvre, pas de problème avant de lire une dernière histoire très courte.

A ce moment et seulement à ce moment, nous l’embrassons une dernière fois, ainsi que les deux ou trois doudous qui l’accompagnent, en lui souhaitant une bonne et paisible nuit ; après quoi nous sortons de la chambre pour 4 minutes au lieu de 5.

Nous avons réduit les temps pour réussir à supporter cette méthode et éviter à tout pris que bébé ne se sente abandonné. Ainsi, le 5-10-15 devient le 4-8-12…

Lors de nos visites, nous restons environ 3 minutes et nous portons bébé hors du lit lorsque nous en ressentons le besoin, alors que la méthode le déconseille.

Autrement dit, nous n’avons pas pratiqué cette méthode à la lettre. Les 4 premières minutes m’ont déchiré le cœur. Les 8 minutes suivantes semblaient interminablse et que dire des 12 minutes…

La première nuit, il a bien fallu 1 cycle et demi (4-8-12-4-10) avant que ma fille ne s’endorme seule. Mais ses réveils nocturnes avaient diminué de moitié !

Cette première nuit était très difficile à supporter pour moi qui ne laisse jamais mon bébé pleurer en temps normal. J’ai bien failli pleurer, mais c’est le lendemain que les larmes ont coulé quand j’ai surpris ma fille fatiguée en train de se forcer à fermer les yeux pour réussir à trouver son sommeil par elle-même, au moment de sa sieste.

La machine était lancée et les résultats ont été très rapides. Le jour suivant ma fille s’est endormie en 1 cycle et le jour suivant, 4 puis 8 minutes ont été suffisantes. Aujourd’hui, et alors que cela ne fait même pas encore une semaine que nous appliquons cette méthode, ma fille s’endort en 5 minutes, seule après un rituel chaleureux et réconfortant en famille. Elle peut dormir 10 heures d’affilée avec assurance et autonomie.

Jusqu’à cet instant, je ne sais que penser de cette méthode qui reste très difficile à supporter dans ses débuts.

J’ai lu beaucoup d’articles qui fustigeaient cette méthode, la qualifiant d’irresponsable, d’inhumaine. Laisser son bébé pleurer étant contraire aux éducations dites bienveillantes, positives…

Nous avons remanié cette méthode que nous avons cherché à appliquer avec douceur, en revenant vers notre bébé et en la rassurant sans arrêt, même lorsqu’elle semblait endormie, au risque de la réveiller. L’important pour nous était qu’elle sente notre présence constamment, qu’elle se sente soutenue.

Le fait est que les résultats sont là. Pour le moment, cette épreuve porte ses fruits. Notre fille nous aime toujours autant, elle nous le montre chaque jour. Elle est capable de s’endormir seule.

Elle a toujours autant besoin de nous et de notre réconfort, autant que nous avons besoin d’elle, ce qui est entièrement normal.

Elle fait preuve de plus de patience. Elle est reposée et de bonne humeur en journée. Cette expérience l’a fait grandir.

Elle a trouvé une solution seule, elle ferme les yeux lorsqu’elle a sommeil parce qu’elle a compris qu’elle parvenait plus facilement à s’endormir comme cela.

Je passe toujours autant de temps à observer mon bébé dormir. Je suis toujours aussi attentive à ses besoins. Au cœur de la nuit et pour les siestes en journée, je n’applique pas systématiquement cette méthode qui me semble trop brutale parfois.

La citation du rendez-vous des mots de la semaine m’a inspiré ce sujet, mais je n’ai pas écrit cet article pour inciter des parents à appliquer cette méthode (qui est formellement contre-indiquée pour les bébés de moins de 6 mois qui n’utilisent pas encore le mécanisme de la « manipulation ». Avant 6 mois, un bébé qui pleure a vraiment besoin d’être rassuré dans les meilleurs délais. Un bébé de moins de 6 mois pleure pour réclamer de l’aide).

Chaque mère gère sa maternité comme elle l’entend, je suis une maman poule, surprotectrice et cette gestion de ma maternité me regarde. A 11 mois, nous avons considéré que notre bébé avait développé quelque chose qui pouvait être néfaste pour lui à long terme. Cette dépendance excessive devait cesser la nuit pour lui permettre de retrouver une sérénité nocturne, réparatrice et durable. Et c’est en bonne voie, avec douceur et bienveillance à son égard.

Quoi qu’on en dise, j’aime ma fille. Elle est, et elle restera, la fille chérie à sa maman, depuis sa naissance, bien avant cela, et pour toujours. Pour mon plus grand bonheur, et le sien je l’espère.

 EM.

Voici pour ma participation au #RDVdesmots de cette semaine. Très long ! Une fois encore, je suis impatiente de venir découvrir ce que cette citation vous a inspiré, dans l’espoir de vous voir de plus en plus nombreuses. Je vous laisse ici une citation pour la semaine prochaine :

« Qui voit peu voit toujours trop peu ;
qui entend mal entend toujours quelque chose de trop. »

Friedrich Nietzsche

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14 réponses à #RDVdesmots – Confucius – Le 5-10-15 pour endormir bébé

  1. Suzanne dit :

    J’adore la manière dont tu t’es appropriée la citation et il est clair et évident que tu l’aimes d’un amour inconditionnel !!
    Je ne connaissais pas du tout cette méthode, il faut avouer que mes filles ont rapidement fait leur nuit (à 4 mois) et qu’il n’y a jamais eu de problèmes d’endormissement : une histoire, un câlin (et quelques rappels du style : pipi, je ne trouve plus mon doudou, j’ai soif lol) et hop ça roupille sec (mis à part Miss K qui raconte sa vie à ses doudous avant de s’endormir).
    Bref, tout ça pour dire que je comprends ce que tu ressens mais je pense qu’il faut être Maman pour réellement saisir chacun de tes mots.
    Et j’ai tellement adoré allaiter mes filles : c’était notre moment rien qu’à nous 🙂

    • EM dit :

      Bonsoir Suzanne,
      Oui j’aime ma fille à la folie 🙂
      Super ça, tes choupettes qui ont fait leur nuit des 4 mois ! Moi de la naissance à 4 mois c’était super, des réveils très régulier ( à heures fixe) et facile à gérer, de longues nuit bien reposantes… puis les poussées dentaires ! Elles ont tout chamboulé et puis ma fille s’est retrouvée avec des nuits tranchées. A l’heure où j’écris ces lignes la méthode du 5-10-15 est de l’histoire ancienne. Ma fille s’endort en 3 minutes dès que je la dépose. Elle a gardé son caractère, continue de s’exprimer et de nous montrer son amour, mais elle est plus reposée !
      Ah oui ! l’allaitement est une super expérience quand on a la chance de pouvoir le mettre en place. Je sais que beaucoup de mamans n’ont pas pu goûter à ce bonheur bien longtemps faute d’accompagnement. Et puis pour d’autres ça ne les intéresse pas. Moi j’adore ça ! 🙂 Merci pour ton commentaire.
      EM.

  2. J’ai adoré ta définition et ton ressenti en t’appropriant la citation. Etre Maman est le plus beau des « métiers » ce n’est pas le bon terme! J’ai trouvé, c’est mon plus beau rôle. Au fil des années et en grandissant le lien reste très fort. Je suis maman d’une grande fille et d’un grand garçon. Les deux expériences ont été totalement différentes quoique je porte le même amour à mes deux enfants. On doit les aimer sans les étouffer et surtout les aider à prendre leur place, à dépasser leurs épreuves quel qu’elles soient, à gagner leur indépendance! (même si c’est un crève cœur) C’est cela l’amour maternel.

    • EM dit :

      Bonsoir Jeanne,
      Merci beaucoup pour ton commentaire. Je trouve ta remarque très pertinente. Pourquoi ai-je employé le terme « métier » ? Bonne question… Parce qu’aujourd’hui, j’ai la sensation qu’une femme qui n’exerce pas de « métier » en tant que tel ne vaut rien au yeux du monde ? En ce moment je ne suis « que » maman. Je n’exerce pas mon métier d’architecte en ce moment car j’ai choisi de m’occuper de ma fille à temps plein. Je suis pourtant en plein apprentissage permanent. Mon rôle de maman est un véritable travail au même titre qu’un métier, j’organise mes journées, j’ai des rendez-vous, des responsabilités, j’éduque mon enfant… J’apprends chaque jour, c’est comme si j’étais en perpétuelle « formation ». C’est une forme de deuxième « métier » pour moi. Mais le terme « rôle » est plus juste. Il implique mon coeur de maman alors que dans le « métier » il y a généralement un détachement, quelque chose de plus machinal. Pour moi qui ai tendance à tout prendre très à coeur lorsque j’entreprend quelque chose, je n’ai pas eu de mal à entremêler les termes. Merci pour ta remarque. Merci aussi pour ton retour d’expérience. Tu as bien raison, parfois un enfant refuse quelque chose qui est meilleur pour lui, mais il ne le sait pas encore. Merci encore et à très vite 🙂
      EM.

  3. Lucie dit :

    C’est un plaisir de te lire. Qu’elle magnifique citation, c’est tout à fait juste!
    J’ai apprécié lire ton article, c’est interessant car je dois avouer que j’avais un avis très négatif sur cette méthode, te lire m’a permis de remettre en question mes apprioris. Merci.
    L’amour que portes à ta fille est si bien retranscrit, c’est vraiment magnifique.
    Hâte de te lire.

    • EM dit :

      Bonsoir Lucie,
      Cette fois ci j’ai mis un peu plus de temps à répondre aux commentaires mais je les lis tous et c’est toujours avec un immense plaisir que je t’aperçois dans les commentaires. Je suis heureuse d’ouvrir la porte de la réflexion. Je n’impose rien, ne juge rien, je me questionne et le partage ici. J’ai eu beaucoup de doute concernant cette méthode que je ne me risquerais pas à conseiller mais elle a porté ces fruits en douceur dans mon foyer, alors j’en suis bien heureuse. Merci beaucoup pour ton gentil message qui me réchauffe le coeur. A bientôt 🙂
      EM.

  4. Jocelyne dit :

    Je voulais publier mes réflexions dans le blog http://littlegreenwords.com/ mais finalement elles ont mieux leur place ici. Je n’ai pu m’empêcher de faire un rapprochement entre Confucius et la citation de La Fontaine, que j’apprécie beaucoup. Je préviens, c’est très long.

    L’une semble contredire l’autre, pourtant chaque référence est magistrale :

    Patience et longueur de temps
    Font plus que force ni rage
    (La Fontaine, Le Lion et le Rat)

    « Nulle pierre ne peut être polie sans friction,
    nul homme ne peut parfaire son expérience sans épreuve. » (Confucius)

    La Fontaine est, selon moi, l’un de nos plus grands poètes. Il suffit qu’on cesse de le considérer comme un moraliste, qu’il n’est pas. Que l’on retienne ce qu’il affirme ici :
    « Les fables ne sont pas ce qu’elles semblent être ;/ Le plus simple animal nous y tient lieu de maître. » (Le Pâtre et le Lion – Le Lion et le Chasseur)
    ou là :
    « Et même qui mentirait/ Comme Ésope et comme Homère,/ Un vrai menteur ne serait./ Le doux charme de maint songe/ Par leur bel art inventé,/ Sous les habits du mensonge/ Nous offre la vérité. » (Le Dépositaire infidèle).

    La citation mise à l’honneur dans le #RDVdesmots du 25 avril n’a pas eu beaucoup de succès, elle a même un peu embarrassé. Pourtant, elle a cette particularité que généralement, lorsqu’il s’agit de citer Le Lion et le Rat dont elle est extraite, la première « moralité » qui vient à l’esprit est « On a souvent besoin d’un plus petit que soi », vers célèbre qui a même été utilisé autrefois si je ne m’abuse, pour une publicité sur les petits pois.
    Le lion est empêtré dans un piège, plus il se débat plus les lacets du filet s’embrouillent autour de lui, quand le rat vient ronger très tranquillement et lentement la maille responsable du sac de noeuds. Ce n’est pas la première fois dans ses fables que le poète admire l’intelligence du rat : je conseille aux amis des bêtes la lecture du Discours à Madame de La Sablière, dans lequel La Fontaine ose s’en prendre à la théorie des animaux-machines de Descartes, et illustre son propos avec la fable Les Deux Rats, le Renard et l’Oeuf. Intelligence, synonyme ici encore de patience, qu’il oppose à la violence stérile du lion.
    Comment ne pas adhérer à cette proposition ? Moi qui suis colérique et impulsive plutôt que spontanée, j’en ai fait l’amère expérience bien souvent. Devant une situation inextricable, même et surtout urgente, il est si important de prendre le temps d’examiner et de réfléchir. La colère et la violence ne peuvent qu’aggraver les choses. Je pourrais l’illustrer avec deux anecdotes très concrètes, que je raconterai peut-être une autre fois, celle de la scolopendre, et celle des clés enfermées dans la voiture verrouillée. Mais j’ai vécu bien des situations où garder son calme et choisir le moindre mal était quasiment vital.
    Dans quelques occasions, parmi les plus délicates, en élevant mon enfant, j’ai choisi de contenir mon émotion, et d’aborder la situation posément : je ne l’ai jamais regretté, tandis que lorsque je laissais s’exprimer mon désarroi ou ma colère, le résultat était catastrophique. Les enfants ont besoin de repères, leur donner le spectacle de quelqu’un de déboussolé, n’est pas le meilleur moyen de les rassurer et de réparer leurs petites bêtises. A la décharge des tempéraments coléreux j’ajouterai tout de même que cette option me paraît préférable à une réaction calme mais vénéneuse et malveillante à l’égard de l’enfant, ou, pire, à l’indifférence. La colère c’est de l’amour certes excessif, ça reste de l’amour.

    C’est la citation de Confucius qui m’avait d’abord interpellée quand je suis allée faire un tour sur ce blog que j’ai pris l’habitude de consulter de temps à autre, et surtout l’interprétation qu’en faisait EM.
    Lorsque j’étais (beaucoup) plus jeune, après avoir lu tout ce qui avait rapport avec la Chine chez Pearl Buck, je m’étais entichée de sagesse chinoise et surtout de Confucius, qui représentait pour moi l’autorité absolue en matière de morale (c’est plus un moraliste qu’un philosophe, me semble-t-il). Adolescents, nous avons besoin de certitudes, et les énoncés de Confucius sonnent comme des maximes irréfutables.
    Pourtant ma première pensée en l’occurrence a été : non, j’ai connu des gens qui ont « glissé » sur la vie et que les vicissitudes, événements tragiques, et tracas, semblaient avoir épargné. En même temps, la pensée contradictoire « ça n’existe pas, des gens qui n’ont pas connu de douleur ou d’épreuve ». En fait c’est plutôt une question d’état d’esprit : certains surmontent des choses qui ne nous paraissent pas surmontables (la perte d’un enfant par exemple) et d’autres se font une montagne d’un petit désagrément. Nous ne sommes pas égaux face aux mêmes événements, et le concours de celui qui a souffert le plus, très à la mode par les temps qui courent, a encore de beaux jours à connaître, tant il est forcément truqué.
    Ainsi pour la grossesse, et l’accouchement. Peut-être parce que j’avais déjà 33 ans, je n’ai pas vécu ma grossesse, physiologiquement, comme une épreuve. Au contraire, c’était une sorte d’accomplissement, même si, je l’avoue, certains récits, et même les précautions de mon gynécologue, me faisaient appréhender son déroulement. Pourtant j’avais failli perdre mon bébé au tout début, et j’avais eu besoin d’une surveillance particulière tout au long.
    En revanche, l’accouchement, que j’ai abordé un peu à l’improviste et en toute ignorance des divers cas pathologiques exemplaires, n’a été une épreuve qu’après coup, il y a juste eu un instant où j’ai cru que j’allais mourir, comme quand on plonge sans connaître la température de l’eau. Globalement ça s’est passé merveilleusement bien. Mais là encore, la notion d’épreuve nécessaire ne me convient pas. Non, il n’est pas indispensable de souffrir, quoiqu’en pensent Confucius et la morale catholique avec lui. Ainsi mes deux nièces ont-elles accouché sous péridurale, et tout s’est passé pour elles le mieux du monde. On peut aujourd’hui jouir de cet instant que je qualifie de « miraculeux », la naissance, sans pour autant devoir souffrir en contrepartie. Et c’est une approche quasi-révolutionnaire et du corps de la femme, et de la venue au monde d’un enfant, par suite du rapport à venir entre la mère et son enfant.
    Car là où la citation de Confucius prend tout son sens, c’est quand l’enfant s’élève. Et qu’on se le dise, c’est une entreprise qui ne finit pas. Quel que soit l’âge de votre enfant, devenu adulte, avoir un enfant est une épreuve, à la fois une transcendance et une épreuve, qui donne tout leur sens à la vie, à la douleur, au bonheur, à la douceur de vivre, aux inquiétudes et au chagrin. Sans « friction », pas de véritable éducation, sans épreuve, nulle expérience. C’est là que la méthode de La Fontaine intervient, je préfère que cette « friction » soit lente et longue, voire fréquente, plutôt que vive et violente, pour être efficace et supportable. Et je rejette a priori l’idée de perfection, qui me paraît pécher par orgueil : ce que j’ai souvent observé chez Confucius, quelque humilité qu’il préconise.

    • EM dit :

      Bonsoir Jocelyne,
      Alors là ! Quel bonheur de lire ta double participation. Ton interprétation est très riche, tu mets en relation les deux citations ce qui est inédit dans ce rendez-vous des mots, c’est amusant, lorsque tu l’as énoncé au départ je ne voyais pas du tout comment tu allais procéder mais ta réflexion est limpide. Merci mille fois d’avoir quand même pris le temps de nous partager ton état d’esprit. L’expérience doit elle nécessairement être douloureuse (pour mener à la perfection) ? Pourquoi cette quête de perfection ? Très intéressant… Je me retrouve globalement dans ta vision des choses, merci. Je constate que tu es calé en La Fontaine, j’irai faire un tour pour me mettre à jour 🙂 J’avais déjà repéré ta belle plume. C’est un plaisir de te compter parmi les participantes au #RDVdesmots, je t’invites à y participer dès que le coeur t’en dit ! Merci encore et à bientôt 🙂
      EM.

  5. Honeymum dit :

    Salut EM,
    Tu nous racontes ça avec tellement de douceur… Moi qu n’étais pas du tout favorable à cette méthode, je trouve que tu y mets beaucoup d’amour et je suis convaincue que c’est l’ingrédient principale qui rend tout possible ! 😉
    Estefania.

  6. Dinde De Toi dit :

    Ici c’est 2 tétées par nuit et ça me va, c’est amplement gérable donc on continue comme ça. Elle aura 1 an dans 3 semaines et elle dort toujours dans mon lit 😉. Quand elle a le sommeil agitée je la roule dans une couverture mais c’est très rare. J’espère qu’elle n’aura pas l’idée de faire 10 réveils par nuit comme la tienne !! On a pas vraiment de rituel pour l’endormissement, parfois c’est ballade porte bébé à la tombée de la nuit parfois c’est tétée dodo, ou encore tétée jeux dodo.

    • EM dit :

      Super, tant qu’elle se repose bien c’est ce qui importe 🙂 Ah oui pour la méthode de l’emmaillotage, je l’ai aussi utilisé mais maintenant elle est trop grande pour l’accepter. Si ça fonctionne pour vous c’est top 🙂
      EM.

  7. Shureilya dit :

    Je pense que vous avez tous les deux eu raison de remanier la méthode à votre façon. Je comprend ceux qui sont contre cette méthode car j’en faisais partie, mais plus le temps passe, plus je saisi les nuances : laisser son bébé pleurer de temps en temps ne veut pas dire qu’on ne l’aime pas, ou encore qu’on est moins « bienveillant » qu’un autre. Au contraire, lui apprendre qu’il ne peut parfois pas tout avoir tout de suite lui fait se découvrir lui-même et lui laisse un moment de réflexion pour tenter de trouver seul une solution à son problème. Ainsi, tu as permis à ta fille de découvrir qu’elle pouvait s’endormir seule. Ne t’inquiètes pas, vous êtes loin du tableau des parents qui enferment leur enfant dans une pièce et le laissent pleurer jusqu’à épuisement. Vous aimez votre fille, vous le lui montrez, et ça se sent. Bravo !

  8. EM dit :

    Oui j’ai aussi nuancé la vision tranché que je me faisait de certaines choses. Avec le temps j’ai bien constaté qu’il fallait essayer plusieurs méthodes pour pouvoir répondre au mieux aux besoins de ma fille. Merci pour ton commentaire 🙂
    EM.

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