J’avance à contre-courant

unbrindemaman © EM – J’avance à contre-courant

Aujourd’hui je voudrais vous parler de l’éducation neutre. Mes mots n’engagent que moi, ils sont le reflet de ma pensée et je ne souhaite absolument pas blesser qui que ce soit.

Si vous sentez que l’article vous déplaît, à tout moment, je vous invite à aller lire d’autres articles en toute sérénité, il y en a pas mal ici, et ailleurs aussi.

Avant hier, après une bonne matinée de travail, alors que ma choupette dormait, et en attendant la cuisson de mes légumes, j’ai voulu allumer la télévision. Je suis tombée sur un reportage Arte Regard intitulé : La pédagogie neutre en Suède.

Un reportage que je n’ai pas eu le temps de voir en entier dans un premier temps. Puis j’ai retrouvé la vidéo qui n’est pas si longue ici.

Dans les quelques minutes que j’ai pu voir, on y voit un enfant issu d’un couple femme/femme séparé. Dans ce reportage on y voit l’une des femmes qui présente son enfant comme un être qui n’est pas encore fille ou garçon. Le choix même du prénom est neutre : Imi. Elle pratique l’éducation neutre.

Au début du reportage, elle explique qu’Imi joue avec des jouets habituellement destinés aux garçons ou aux filles. Elle déplore néanmoins la présence de Playmobil avec une barbe parmi les jouets de l’enfant. Représentation d’une « masculinité » injuste à ses yeux. Elle affirme trouver « cela injuste que les gens s’enferment dans un genre ».

Cette phrase a retenu mon attention. Elle implique qu’un homme qui souhaiterait arborer une barbe serait injuste. A ce moment, je me suis demandé : injuste pourquoi ? Parce qu’il a la possibilité de le faire et pas une femme ? J’ai laissé la question ouverte et j’ai poursuivie le visionnage.

Le reportage se poursuit donc et la journaliste demande à cette femme si elle a déjà abordé le sujet avec l’enfant. Cette dernière assure que oui, puis elle va vers Imi pour lui demander la chose suivante : « Tu es un poisson magique, une fille, ou un garçon ? » Cette fois-ci, j’ai eu un arrêt sur image. Je suis adulte et j’ai la tête sur les épaules, pourtant cette question m’a semblé absolument grotesque. Autant demander à un enfant s’il souhaite être une femme, un homme ou quelque chose qui n’existe pas. Je ne saisis pas le sens de cette question qui exclut l’enfant d’une réalité indéniable. Quel enfant ne répondrait pas qu’il souhaite avoir des pouvoirs magiques ? Pourtant la réalité ne lui permettra jamais de devenir pleinement un animal, avec des pouvoirs magiques qui plus est. Cette question laisse sous-entendre qu’il n’y a rien de magique à être une femme ou un homme. Un « poisson magique » ne pourra pourtant pas vivre (entre autres choses) la magie d’une grossesse naturellement. Mais cela, un enfant ne peut pas le saisir.

Finalement, là ou le discours théorique tend à laisser libre choix à l’enfant, nous découvrons que ce choix est plus que guidé, qu’il n’est absolument pas neutre, ne serait-ce que par l’emploi de termes bien choisis.

Suite à ce reportage qui me tournait dans la tête, j’ai poursuivi des lectures et je suis tombée sur un article du Huffington Post. Pour expliquer ce mode d’éducation, j’ai pu y lire ce genre de chose : « La pédagogie neutre est la dernière tendance dans la lutte contre les stéréotypes de genre en éducation. »

« Les écoles tentent également d’utiliser un langage neutre, afin d’éviter la qualification par le genre quand elle n’est pas nécessaire. » Ou encore : « La Suède est régulièrement classée parmi les pays les plus égalitaires du monde, au même titre que ses voisins scandinaves. »

Nous y voilà, c’est reparti pour un tour de manège à la sauce égalité homme/femme. Vous-vous en doutez, j’ai un avis sur la question.

Je respecte profondément les hommes et les femmes qui se battent pour l’égalité des êtres humains. J’ai une ouverture d’esprit qui me permet d’essayer de comprendre les tendances. Mais j’ai un regard très aiguisé sur certaines tentatives qui ressemblent à des déceptions privées retranscrites dans une éducation confuse et très déstabilisante.

Je suis une femme, ma parole sur le sujet peut donc être prise en compte au même titre que les autres femmes qui se battent pour nos droits.

Il est vrai que je n’ai pas fait de ma vie un plaidoyer sur le sujet. Mais indirectement, j’y ai participé car je suis parvenue à passer outre les codes pour devenir architecte. Mon quotidien a été marqué par ces petits combats personnels, sur ce sujet, ou d’autres, si vous saviez…

Je peux dire que j’ai été éprouvée par ce thème de par mes choix, et en cela, ma réflexion n’est pas infondée.

Que veux dire l’égalité homme/femme ? Faisons fi des possibles recours aux médicaments, et des dérèglements hormonaux et essayons de comprendre.

Pour moi, une fille ne doit pas forcément s’habiller exclusivement en robe ou en rose, il est aussi évident qu’un garçon a le droit de pleurer.
Il est évident que femme et homme ont ce droit qui est de gagner le même salaire pour des postes équivalents. Qu’ils doivent avoir les mêmes chances.
Il est évident qu’une fille a le droit, et même l’obligation de se défendre au même titre qu’un homme n’a pas le droit, et a obligation de ne pas faire usage de sa force à l’encontre d’autrui.
Il est aussi évident qu’une femme peut porter la vie et qu’un homme ne le peut pas.
Il est évident qu’un homme peut choisir de porter une barbe et qu’une femme ne le peut pas.
Il est évident que lorsqu’une guerre éclate, ce sont les hommes qui sont envoyés au front. (J’imagine mal une femme  dans ses « mauvais jours » courir avec un Famas à bout de bras… C’est une question de bon sens.)
Il est indéniable qu’une femme a des « spécificités » qui influent sur son corps d’un point de vue chimique. D’un point de vue hormonal, un homme et une femme ne fonctionnent pas de la même manière.

A ce titre oui, les hommes et les femmes ne sont, biologiquement, et physiquement, pas égaux, ils ne l’ont jamais été et ne le seront jamais, quoi qu’on en dise.

Le fait même que des hommes cherchent à devenir femmes et que des femmes cherchent à devenir des hommes suffit à prouver qu’une différence existe.

Oui, il existe une quantité de clichés qui entravent l’épanouissement des femmes et des hommes en fonction de leurs différences. Je suis d’accord pour dire qu’il y a des combats à mener, mais il ne faut pas tomber dans des extrêmes qui sont dénués de sens. Les pensées qui visent à effacer ou à dissimuler les genres naturellement attribués aux êtres humains sont révélatrices d’un réel problème d’identité. Elles poussent la réflexion jusqu’à un extrême qui tend à dire que les mots « garçon » ou « fille » ne doivent plus être utilisés.

Dans le reportage qui a motivé cet article, il y a une phrase qui m’a frappée. Il s’agit de ce que la femme veut transmettre à son enfant : « Ce que tu veux ne peut pas être mal si tu le veux vraiment. » Une fois de plus, à mon sens, cette phrase n’a aucun sens : le terme « mal » est très mal employé. En énonçant cette phrase, j’ai l’impression que les parents ou instituteurs n’ont que la question des genres en tête, et ainsi, les autres thèmes seront probablement difficiles à appréhender pour les enfants qui sont soumis à cette éducation.

Si un enfant veut tuer, ce sera un mal (même s’il le veut vraiment).

J’ai remarqué un déséquilibre terrible dans certains des propos que j’ai pu lire ou entendre. La valeur du bien et du mal semble à chaque fois assujettie à la seule question des genres.

Voilà ce qui me fait peur. Depuis que je suis devenue maman, les problèmes de société me touchent beaucoup plus.

J’ai pu lire ici qu’en 2013, « Najat Vallaud Belkacem, ministre délégué aux droits des femmes, et Dominique Bertinotti, ministre déléguée à la famille, (avaient) visité la première crèche neutre française. La crèche Bourdarias (…) créée en 2009 à Saint-Ouen grâce au soutien financier du conseil général PS de Seine-Saint-Denis afin de lutter contre les préjugés de genre. »

Mon propos ne s’adresse pas aux gens qui ont choisi d’avoir des vies atypiques. Je n’écris pas cet article dans l’optique de porter un quelconque jugement sur le choix de vie des gens. Je réfléchis simplement à l’impact que pourrait avoir la généralisation de telles pratiques qui visent à modifier nos schémas de pensée habituels.

Le combat pour l’égalité homme/femme prend une autre direction. Il revêt par moment le visage de particuliers qui ont fait des choix qui leur sont propres et qui n’auront de répit que lorsque le monde entier voudra se conformer à leurs envies, leurs choix.

Changer la mentalité de nos enfants pour y parvenir me semble vraiment dangereux. L’appartenance a une catégorie (homme ou femme) est le premier élément qui nous permet de forger notre identité dès notre plus jeune âge. Je me pose encore des questions quant aux bouleversements psychologiques que ce mode d’éducation apportera à ces enfants à l’adolescence.

A mesure que le monde change, il y a de grands courants qui s’engagent, des ras de marée, des vagues qui emportent tout sur leur passage. Il y a des tendances qui me font peur. Surtout lorsque je comprends qu’elles sont adulées, encouragées. J’ose espérer que l’éducation dans nos écoles ne tendra pas vers l’éducation neutre car ce n’est pas ce que je souhaite transmettre à mes enfants. Même si le vent est contre moi, j’avancerai à contre- courant.

Pour moi, mettre le focus sur la question des genres, c’est pointer du doigt quelque chose qui n’a pas besoin d’être remis en question. Je suis une femme et c’est ainsi. Il y a plein d’autres sujets à traiter. Laissons nos enfants grandir et évoluer naturellement et proposons-leur d’autres sujets de réflexion. Soyons simplement ouverts aux discussions.

C’était mon avis personnel sur l’éducation neutre.

EM.

J’espère vraiment que cet article à contre-courant n’aura pas fait fuir mes lectrices. Je vous remercie de m’avoir lue, pour celles qui auront eu le courage d’arriver jusque ces quelques lignes. Je n’approuverai aucun message de haine dans les commentaires. Je vous dis à très vite pour un prochain article.

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32 réponses à J’avance à contre-courant

  1. Delphine dit :

    Ton article est merveilleusement bien écrit merci pour ce moment de lecture

  2. EM dit :

    Bonjour Delphine,
    Quel plaisir de te retrouver ici 🙂
    C’était un sujet délicat… Je te remercie vraiment pour ton commentaire.
    EM.

  3. Paty dit :

    Cc EM,
    J’aime beaucoup ton article qui évoque plein de problèmes de société sur l’égalité entre les êtres humains : sexisme, racisme, liberté de choix, etc…
    Je partage ton analyse… Je dirai juste que la tolérance et l’acceptation de la différence, tant qu’elle est choisie et non imposée d’une manière quelconque, est la seule réponse à une société juste acceptant tout le monde. C’est le seul rempart contre tout autoritarisme, et imposer sa vision même soi-disant neutre est forcément une forme d’autoritarisme…
    Malheureusement, par expérience, je sais que parfois (souvent ?) on est obligé de ne pas tolérer certaines « choses » quand on a affaire à des gens intolérants, et incapable d’accepter que l’on pense différemment d’eux…
    Donc les femmes aussi peuvent prendre le fusil pour se défendre, en tant de guerre (ou pas ! lol !!!!!). Elles l’ont déjà fait et le referont… au sens propre ou figuré 😉
    Ma devise ? Ma liberté s’arrête où commence celle des autres (ce n’est pas de moi, mais j’ai oublié l’auteur et ne veux pas l’attribuer à tord à un autre philosophe) …
    Si c’est appliqué par tous, çà marche … mais çà, c’est dans le monde des bisounours 😉
    Bonne journée 😀

    • EM dit :

      Bonjour Paty,
      C’est un plaisir pour moi que d’avoir un retour de ta part 🙂
      C’est un sujet très sensible que j’ai hésité à traiter par peur de blesser des personnes qui croient en cette éducation neutre. J’essai autant que possible d’être tolérante. Ma crainte est que ce mode de d’éducation s’étende et devienne la nouvelle norme.
      Pour ce qui est du Famas, oui j’ai bien conscience qu’une femme a cette capacité et ce droit. Je sais tout cela. Je voulais mettre une note d’ironie pour dépeindre le fait que les personnes qui prônent l’égalité dans sa forme la plus extreme doivent comprendre que cela veux aussi dire d’envoyer les femmes au même titre que les hommes sur le font. 50% d’hommes et 50% de femmes. Je suis très perplexe.
      Je crois bien que c’est Jean-Paul Sartre qui est à l’origine de cette citation. 🙂
      Si cette éducation neutre prend de l’ampleur dans nos écoles, elle touchera forcement ma liberté de penser et celle de mes enfants.
      Merci beaucoup pour ton message. Merci de repasser par ici de temps en temps, cela me fait vraiment plaisir 🙂
      EM.

  4. Shureilya dit :

    Je suis totalement d’accord avec toi : il y a bien d’autres sujets à traiter alors pourquoi remettre en question les genres ? Le fait qu’on puisse librement en changer ne devrait pas être une raison de les abolir. Néanmoins, je pense qu’on a tous le droit de se défendre, qu’on soit un homme ou une femme. Les femmes sont aussi capable du pire (malheureusement) et de nombreux hommes en payent les frais… Je te rejoins globalement dans ton opinion sur l’éducation neutre et je te garantie que tu ne sera pas seule à avancer à contre-courant.
    Pourquoi ne pas parler d’équité plutôt que d’égalité ? Cela me semble tellement plus juste… Notre différence est une richesse, cultivons la

    • EM dit :

      Bonjour Shureilya,
      Je te remercie pour ton commentaire. Oui il y a beaucoup de préjugés qui mettent encore des clivages. Hommes et femmes peuvent être violent et hommes et femmes ont le droit de se défendre. Nous sommes d’accord 🙂
      Merci pour ce message. Je suis heureuse de t’avoir vue ici.
      EM.

  5. petite étoile*** dit :

    Encore une fois belle manière d’écrire, j’aime ce type d’article qui fait réfléchir et je suis tout a fait d accord avec toi

  6. Mawa dit :

    Coucou !
    C’est courageux cet article ! Tu sais, j’avais dans mon entourage familiale une petite fille qui aimait le bricolage, les camions etc. Ca faisait souvent débat mais ça sa mère le tolérait bien et accédait à ses demandes. Son père avait plus de mal pour ces trucs de « garçons ». Pour son anniversaire, son père l’a emmené dans un magasin de jouets. On a fait tous les rayons pour fille. Elle ne voulait rien. Voyant son désintérêt, il l’a emmené dans le rayon garçon. Elle a choisi un tracteur. Elle était « heureuse ».

    Et pourtant, accepter son envie de voiture, de marteau en plastique etc n’a rien changé sur son appartenance à un genre. Elle est une jeune femme épanouie aujourd’hui, très féminine et fan de rouge à lèvre. Elle est complètement hétéro et ça ne l’a pas transformé en « garçon ».

    Je pense qu’il faut tolérer que des petites filles aiment les jeux de garçons, et que les garçons jouent avec les poupées de leur soeur. Après tout, ils seront des papa non ? Cela contribue aussi à l’égalité homme-femme je pense.

    Je suis d’accord que c’est déconcertant qu’on dise à un enfant au final « t’es une fille ou un garçon ? qu’est ce que tu préfères ? ». Il faut un cadre de base mais pas poussé à l’extrême. Les parents qui habillent leur fille que en rose etc ont tords, pour moi.

    Voila mon avis qui rejoint le tien =)

    Bonne journée !
    Mawa

    • EM dit :

      Bonjour Mawa,
      Déjà je suis super contente de te relire ici 🙂
      Je pense personnellement que le « genre des jouets » et les couleurs n’ont aucune influences sur ce que nous devenons. Les enfants sont libre de choisir ce avec quoi ils veulent jouer. Ils peuvent poser les questions qu’ils souhaites et un adulte doit être présent pour y répondre.
      L’éducation neutre dépasse le seul cadre des jouets et des couleurs. Cette mentalité va vraiment beaucoup plus loin.
      Merci pour ton commentaire 🙂 C’est tout autant courageux de venir y déposer son avis 🙂
      EM.

  7. leti dit :

    Personnellement je ne connais pas cette nouvelle « formule » d’éducation et sans paraître aigrie, je trouve énervant que les gens invente toujours des nouvelles modes. Ce n’est évidement que mon point de vu, mais pour moi l’éducation devrait être un peu comme l’alimentation, on devrait pouvoir manger un peu de tout et ne pas exclure certaines choses juste parce qu’elles ne rentrent pas dans la « formule » et surtout comprendre que ce qui se passe à la maison ne représente pas la norme. En me relisant, je ne sais pas si cela est bien clair…hahaha en tout cas, voilà un très joli article. Bonne journée

    • EM dit :

      Bonjour Leti,
      Ton commentaire est très clair 🙂
      D’après ce que j’ai compris il y a une école en Suède qui pratique l’éducation neutre. L’école egalia. L’avantage est que les parents intéressé savent à quoi s’attendre.
      Merci pour ton commentaire et ton avis 🙂
      Bonne journée,
      EM.

  8. une mummy dit :

    Je n’avais jamais entendu parler de l’éducation neutre et elle me fait froid dans le dos. Je suis d’accord pour transmettre à nos enfants l’égalité homme-femme mais leur genre est aussi un repère fondamental dans la construction de leur identité, enfin, me semble-t-il. Ma fille aura le droit de jouer aux petites voitures, de s’habiller en bleu, de jouer au foot si elle le veut, mais il est important qu’elle sache qu’elle est une fille! En effet, tu le dis très bien, nos corps ne trompent personne: comment Imi réagira quand (en admettant qu’elle soit une fille) viendra l’heure de la puberté? Et même avant, comment lui expliquer que son corps lui appartient, le rapport au sexe opposé, etc? L’enfant, en étant neutralisé, en paraît presque réduit au statut d’objet. Cette nouvelle mode me semble très excessive et franchement déstabilisante pour un enfant.

    • EM dit :

      Bonjour,
      Je suis complètement d’accord. La reconnaissance du genre est importante pour la construction de l’identité et il est vrai que je n’est pas insisté sur ce point mais elle est également importante pour la relation que l’enfant entretient avec son propre corps. Corps qu’il doit être amener à comprendre et qui lui appartient.
      Merci pour ton commentaire qui enrichit la réflexion.
      Admettre son genre c’est respecter ce qu’il est. Que l’enfant soit fille ou garçon.
      Au plaisir de te relire par ici,
      EM.

  9. Marie dL dit :

    J’ai pas pu regarder le document en entier pour ma part, mais j’ai ben lu ton article, et je comprends ton inquiétude.
    Si cette éducation neutre tend à enseigner aux enfants la tolérance et à être des humains avant d’être des garçons ou des filles, elle pêche dans l’absence des différents clichés et préjugés liées au genre, et donc la possibilité de l’enfant à se reconnaitre d’un sexe ou de l’autre. Problème dans la construction de soi, et probablement crise grave à l’adolescence, comme tu le prévois aussi. En temps qu’êtres humains sociaux, nous avons besoin de faire partie d’un groupe pour nous accepter et nous affirmer. Le plus évident est celui du genre…

    • EM dit :

      Bonjour Marie,
      Je rejoins complètement ton commentaire sans surprise.
      Je te remercie d’avoir pris le temps de déposer ce message qui fait avancer la réflexion.
      EM.

  10. Marie dit :

    Chouette article. Je n’aime pas non plus cette approche neutre. Je préfère dire: Tu es une fille/un garcon, et tu es extra comme tu es. Tu as des talents, des forces et des passions que tu as le droit de vivre. Pour moi, c’est mentir que de dénier l’existence du sexe biologique, et c’est tout autant leur mentir de leur dire: ca ce n’est pas pour les filles/ pas pour les garcons. Je suis contente d’avoir recu les mêmes légos que mon frère, à un moment où ca me faisait plaisir, et sans que ce ne soit un probleme pour personne….
    Le probleme dans l’education neutre c’est quelque part dire que le sexe biologique c’est mal, et que ca t’influencera forcément dans le mauvais sens, alors qu’on devrait célébrer les spécificités de chacun et s’en réjouir.

    • EM dit :

      Bonjour Marie,
      Merci pour ce commentaire ! Nous sommes complètement d’accord, et comme l’a dit Shureilya « Notre différence est une richesse, cultivons la ».
      Au plaisir,
      EM.

  11. Coucou…
    Ma grande regardait Cars et ne jouait pas aux Barbie.. . Elle avait peur des poupons mais kiffait ses Playmobil pirate…
    Enfin bref, je suis ses goûts et absolument pas ce que les magasins essaye de nous vebdr pour une petite fille! M’en fout moi si c’est un jouet dit « pour petit garcon »
    Voili…

  12. EM dit :

    Bonsoir,
    Comme je le disais à Mawa je pense personnellement que le « genre des jouets » et les couleurs n’ont aucune influences sur ce que nous devenons. Les enfants sont libre de choisir ce avec quoi ils veulent jouer. Ils peuvent poser les questions qu’ils souhaites et un adulte doit être présent pour y répondre.
    L’éducation neutre dépasse le seul cadre des jouets et des couleurs. Cette mentalité va vraiment beaucoup plus loin.
    Merci pour ton commentaire 🙂
    EM.

  13. Suzanne dit :

    C’est encore une fois un article très intéressant ! Je t’avouerai que je ne connaissais pas du tout ce type d’éducation ou vaguement entendu parler sous un autre terme que « neutre ».
    Ce qui m’interpelle c’est biologiquement on nait fille ou garçon et cela est déjà bien déterminé dès la conception ! Qu’on arrête les stéréotypes du genre : les voitures c’est pour les garçons, les poupées c’est pour les filles, ça je suis d’accord mais cette histoire de poisson magique fille ou garçon : moi avoir pas tout compris. Je trouve ça limite dangereux…
    Je t’avouerai que quand Mme Najat est devenue ministre de l’éducation nationale, ça m’a franchement fait peur pour mes enfants vu les débilités qu’elle a pu sortir en tant que ministre des droits des femmes…
    Et sinon, mes filles jouent à la poupée mais elles adorent construire des robots avec leurs légos.
    Ma grande met rarement des robes tandis que sa soeur c’est tout le temps lol.
    Bref, ce qui m’importe c’est le respect d’autrui et qu’elles se sentent bien dans leur peau.

    • EM dit :

      Bonsoir Suzanne,
      Moi non plus, je suis tombée sur ce reportage par hasard. Et quelle matière première ! J’ai ressentie le besoin d’extérioriser toute mes réflexions.
      Nous sommes d’accord. Le sujet de l’égalité homme/femme ressemble à un fourre tout malheureusement.
      Merci beaucoup pour ton commentaire 🙂
      EM.

  14. Harmonie d'un Fil dit :

    Coucou,
    Ton article est super! et m’a fait beaucoup réfléchir. Merci beaucoup, j’adore ça et j’aime aussi ton style d’écriture. Tu expliques bien ce sujet qui est très délicat. Je partage ton opinion. J’ai hâte de lire les suivants.
    A bientôt.

    • EM dit :

      Bonsoir Harmonie,
      Merci, c’est tellement encourageant de recevoir ce genre de commentaires ! C’est le but de ce genre d’article. Nous poser autour d’une question et nous laisser guider par le fil de nos réflexions pour soulever question sur question. Souvent les réponses sont flou, parfois elles sont plus tranchante. A chaque fois le regard est personnel.
      Merci et encore merci,
      Je te dit à très vite, pour des sujets sensible ou plus légers parfois…
      EM.

  15. Lucie dit :

    Article très intéressant je ne connaissais pas ce type d’éducation et j’avoue que cela m’effraie un peu…!
    J’ai deux garcons qui ont des poupées, des voitures, une dînette,… Et je trouve cela normal je ne me suis jamais demandé si c’était des jouets de fille ou de garcon…
    Mais nier totalement ce que l’enfant est (fille/garcon) est lui attribué une sorte de 3ème sexe = neutre, dans une volonté d’égalitarisme me semble être totalement dénué de sens.
    Je ne suis d ailleurs pas pour l’égalitarisme mais plutôt pour l’équité. En effet on ne peut pas nier que physiologiquement la vessie de la femme est placée de telle façon qu’elle a physiologiquement besoin d’uriner plus souvent que les hommes. En France dans les lieux publics ont pratique l’égalitarisme ainsi il y a le même nombre de wc chez les hommes que chez les femmes. Ainsi il y a toujours la queue chez les femmes. L’équité permettrai de prendre en considération cette réalité physiologique ainsi il y aurait deux fois plus de wc chez les femmes. Cela serait juste…!

    • EM dit :

      Bonsoir Lucie,
      Quel plaisir de vous relire ici ! Je prends note de cette analyse qui démontre que certains faits sont pris pour des cliché alors qu’il semble y avoir une explication physiologique. Très intéressant.
      Merci d’avoir pris le temps de déposer un commentaire, enrichissant qui plus est 🙂
      EM.

  16. J’ai entièrement lu l’article ainsi que tous les commentaires des lectrices. J’ai pris plaisir à toutes vous lire. Je ne connaissais pas ce type d’éducation. Globalement, je suis du même avis. Une fille sera toujours une fille et un garçon, un garçon. La nature au départ nous a fait différents. Pourquoi ne pas jouer la carte de la complémentarité dans notre société et donner sa chance à toutes et tous de la même façon….

    • EM dit :

      Bonjour Jeanne,
      C’est un réel plaisir de te lire ici.
      Je te remercie d’avoir pris le temps de laisser un commentaire même si comme tu le dis « nous sommes globalement d’accord ». Cela fait toujours plaisir !
      EM.

  17. Irène dit :

    J’ai trouvé ton texte vraiment très intéressant… J’ai une posture un peu différente, mais pour autant, je pense qu’il y avait effectivement de vrais soucis dans le reportage que tu as vu, et que tu pointes de vrais sujets de préoccupation. Dans l’ensemble pour moi le terme éducation « neutre » ne veut pas dire grand chose, non genrée un peu plus à la limite… Pour moi, ça représente simplement l’ouverture des possibilités : tous les types de jouets offerts sans influence pour en privilégier un, pareil pour les activités…Ne pas encourager un comportement différent pour un petit garçon et une petite fille, idem pour le choix des couleurs, des centres d’intérêt. Il ne s’agit donc pas d’encourager à être différent et à faire le contraire des autres, mais simplement à ne pas fermer de portes ! De ce point de vue là, je pense qu’il faut relativiser les conséquences que tu peux craindre… La réalité du dimorphisme sexuel, on la connaît, personne ne cherche à faire croire qu’il n’y aurait aucune différence de type biologique. La grande difficulté de la problématique sexe/genre, c’est que lorsqu’on dit « homme » ou « femme », ça ne renvoie pas toujours à la même chose… Et là ça se complique, puisque ces termes désignent à la fois, selon les cas, une réalité biologique (qui est davantage binaire que la réalité toutefois, comme le montre le cas des personnes intersexes !), et la construction sociale qui se base en partie dessus (et engendre des inégalités). Evidemment le biologique n’est pas entièrement « naturel » car les catégories de sexe sont construites, et à l’inverse, la construction sociale prend des points de repère qu’elle interprète comme biologiques. Les travaux d’Anne fausto Sterling là dessus sont passionnants, je te conseille de jeter un oeil si jamais ça t’intéresse, elle a donné pas mal d’interviews plus accessibles que ses livres !
    En tout cas je comprends bien ce que tu veux dire quand tu soulignes le risque de déconstruire une identité qui était la première identité de rattachement… Mais on peut aussi se dire qu’il s’agit avant tout d’un assouplissement général et d’une ouverture des possibles pour tous, et que cette ouverture profitera à tout le monde, en premier là à celles et ceux qui étant intersexes par exemple, souffrent de cette binarisation à outrance. Et nos caractères individuels, nos penchants perso, nos liens familiaux et sociaux, ne construisent-ils pas en soi des identités de rattachement suffisants 🙂 ? Je ne sais pas si je peux répondre entièrement à la question, mais j’ai envie de penser que c’est le cas, même si actuellement il est indéniable que même si nous avons envie de sortir de ces schémas genrés, la société nous construit de toute façon comme des hommes ou des femmes qu’on le veuille ou non

  18. Irène dit :

    En fait je pense vraiment qu’une partie du souci réside dans une communication assez nulle sur l’éducation non genrée, qui ne rend pas justice aux volontés initiales que ça recouvre… Une crèche « neutre » c’est quoi dans les faits ? C’est simplement un endroit où on propose les mêmes possibilités à tous les enfants selon leur âge sans se dire que les filles joueront plus à la poupée et les garçons plus au camion ! Il y a heureusement pas mal d’endroits où les personnes qui s’occupent des enfants prêtent attention à ça sans revendiquer le terme « neutre ». En fait ce « neutre » veut la plupart du temps dire « qui cherche à ne pas reproduire les stéréotypes »…

    • EM dit :

      Bonjour Irène,
      Tes messages allaient passer entre les mailles du filet ! Je te remercie d’avoir partagé ta réflexion ici. Je suis désolée de répondre aussi tard, je les avaient bien lu, je te propose ici une réponse qui, je le constate en me relisant, est vraiment dans la même verve que l’article…

      Lorsque j’étais enfant, j’ai le souvenir de la maternelle dans laquelle j’ai évolué. Il y a avait des formes de pôles d’activités où chaque enfant pouvait faire le choix d’aller jouer ou non. Il y avait le pôle des légos, le pôle coloriage, le pôle dinette, il y avait des puzzles, les histoires, d’autres jeux de construction… J’ai joué dans tout ces pôles, qu’ils soient à première vue pour filles ou pour garçons et pourtant aujourd’hui je suis une femme qui s’assume comme telle.

      En somme, l’école ne me guidait en rien dans le choix du genre que j’aurais pu choisir ou non. J’étais fille, je jouais avec ce que je voulais et je suis fille aujourd’hui alors que j’ai joué avec des légos. Ces derniers ont peut être satisfait une appétence pour la construction qui m’a amené à être architecte aujourd’hui, je ne sais pas, mais je suis convaincue que jeux et couleurs ne déterminent en rien le genre.

      La question de mon genre n’a pas été remise en question par ces jeux. La question ne se posait pas, cela n’était pas un tourment pour moi.

      Je pense que l’éducation du genre n’a pas a être dicté par l’école, qu’elle soit en faveur d’une forte distinction entre les genre ou bien qu’elle ignore l’existence même du genre des enfants.

      Le problème de l’éducation « neutre » qui se développe en Suède est qu’elle n’est en rien neutre. Les genres sont, effacés, gommés, ignorés. On ne laisse pas à l’enfant le point de repère naturel qui le détermine. On le fait partir de zéro et on lui dit « choisi ce que tu veux être ». En procédant ainsi, cette éducation pointe du doigt la question du genre. Elle met le focus sur une question qui n’en est pas une chez un enfant de cet âge. Elle déstabilise l’enfant à sa base. C’est tout cela qui m’inquiète.

      Pour ce qui est des travaux d’Anne Fausto Sterling, je souligne le fait qu’elle soit elle même devenue lesbienne au court de sa vie après avoir vécue un mariage classique femme/homme et, en cela, je rejoins ce que je disais dans l’article, il y a des personnes qui ont à un moment de donné de leur vie un questionnement identitaire qui leur est propre, et cette question devient le combat à mener à leurs yeux. Je peux donc comprendre que cette même femme s’intéresse aux reproductions asexué d’animaux puisqu’elle constate elle-même que chez l’homme, une reproduction entre deux personnes du même sexe est impossible. Je comprend cette recherche personnel qui cherche à éclairer scientifiquement une brume personnel et privé qui lui est propre. Elle va jusqu’a proposer cinq sexe : l’homme, la femme, le merm, le ferm et le herm pour hermaphrodite… J’ai pu lire que même cette proposition qui offre pourtant un éventail de choix, ne convenait pas à toute les personnes intersexes.

      Ce que je souligne simplement c’est que je ne conçois pas que des visées personnelles, toutes plus différentes les unes que les autres, viennent perturber ou remettre en cause nos schémas de pensés habituels car elles risquent d’aller tout azimut en laissant nos bambin perdu, incapable de s’identifier.

      Si l’éducation « neutre » ou « non genré » a pour but de dire à mon enfant, à un moment donné, « tu n’es pas fille ou garçon », alors cette éducation me semble hypocrite et déstabilisante pour ces petits être en quête d’identité, qui n’ont pas besoin de tel tourments.

      Au plaisir de te relire par ici,
      EM.

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