Quand la grossesse est hyper médicalisée

unbrindemaman © EM – Une pomme par jour tient le docteur à distance ?

Lors de ma première grossesse, nous avons été reçus pour notre toute première échographie alors que nous étions déjà à peu près certains que je portais la vie. Nous sommes arrivés très en avance, trop impatients d’avoir bonne confirmation. La sage-femme qui nous a reçu était très sereine, douce et gentille. Elle était très calme et très rassurante. Elle devait approcher la quarantaine, elle avait du métier et je l’avais remarqué au premier coup d’œil. Elle m’expliquait les différentes étapes à venir en regardant son écran tout en effectuant des gestes qu’elle devait avoir répétés des centaines de fois avec une aisance déconcertante. Ses propos étaient clairs et lumineux. Ce premier rendez-vous se déroulait bien et rien ne laissait présager ce qu’elle allait découvrir. Elle s’arrêta de parler net, et suite à un court silence, elle eut une réaction des plus spontanées. Après un petit sursaut de joie, la main sur sa bouche : « Oh ! Il y en a deux ! ». Elle ne s’y attendait pas, et nous encore moins.

Mon époux et moi étions fous de joie. A la fin de l’examen, elle me demanda rapidement : « Vous voulez continuer avec moi ? Ah non mince, mais qu’est ce que je raconte. C’est une spécialiste des grossesses gémellaires qui va vous suivre. C’est comme ça ici, vous avez une grossesse atypique et à risques alors vous aurez un suivi particulier. »

Suite à cette annonce, j’étais partagée. D’une part, j’avais adoré cette première rencontre. Le feeling était bien passé entre nous et j’aurais bien aimé poursuivre le suivi avec elle. (En plus de quoi, c’est elle qui venait de me révéler le secret inattendu que cachait mon petit ventre.) A côté de cela, j’étais vraiment contente d’avoir un suivi différent et « adapté » à ma situation. Je me rassurais en me disant que j’étais en face de professionnelles et que tout irait bien. J’ai accepté, tout en sachant que je n’avais pas vraiment le choix.

Avant de quitter le rendez-vous, la sage-femme m’a regardé dans les yeux et m’a dit : «  Attention, avec cette médecin vous devez arriver à l’heure, elle ne supporte pas les retards, vraiment pas. » Je suis quelqu’un de plutôt ponctuelle, alors je ne m’en suis pas trop inquiétée, j’ai tourné les talons et nous sommes rentrés chez nous.

Je suis restée sur un petit nuage avant d’arriver au fameux rendez-vous où j’allais rencontrer la fameuse personne qui allait me suivre.

J’arrive et tout se déroule bien. Elle me pose mille questions et prend le temps de remplir mon dossier calmement. Elle approche de la retraite et je sens aussi qu’elle a de la bouteille, alors je suis rassurée. Elle m’envoie pleins de sourires et il y a un grand rayon de soleil qui traverse son bureau. Je me sens bien. Elle m’explique que pour ma grossesse, j’aurai les trois bon gros rendez-vous classiques avec elle (à base d’échographies de contrôle…), mais aussi un rendez-vous par mois (à base de monitorings, pour contrôler les cœurs des bébés… pas toujours en sa présence). Très bien. Je ressors avec un grand sourire béat et je rentre dire à mon époux que cette médecin est géniale et que je me sens privilégiée.

Je passe les jours qui me séparent de mon prochain vrai rendez-vous à l’inonder de compliments. Je dis à tout mon entourage que j’ai une chance folle et que je suis tombée sur une pointure qui va bien s’occuper de moi et de mes deux petits loups. J’en viens à dire « Je l’aime vraiment, c’est comme une vraie maman ».

Oh que ma désillusion fut grande ! Le prochain rendez-vous était impressionnant. La médecin était pire qu’une tornade, elle effectuait les examens très rapidement, sans me dire un mot. En ne m’expliquant pas ce qu’elle était en train de faire. Elle attribua un « J1 » à l’un de nos enfants, puis un « J2 » à son jumeau. Je suis ressorti très perplexe de ce premier vrai rendez-vous.

Le rendez-vous suivant, j’étais très malade (vomissements dus à la grossesse). Nous avons eu le malheur d’avoir quelque chose comme 4 minutes de retard. Madame était énervée. Toujours rapide et froide. Les 40 minutes du premiers rendez-vous se sont transformées en 15/20 minutes les fois suivantes. A chaque fois, je ressortais soucieuse et insatisfaite du temps qui m’avait été accordé. Mais elle faisait son travail, alors je me laissais emporter par ce tourbillon qui me dépassait.

Lors du rendez-vous suivant, il allait être possible de déterminer les sexes des bébés, alors nous étions particulièrement impatients. Nous somme arrivés très très en avance pour éviter de mettre en rogne la médecin en ce jour si important. Figurez-vous que ce jour précis, elle eut près d’un quart d’heure de retard… (Cette question d’horaire était devenu ma bête noire, je sortais de plus en plus tôt et j’attendais longuement assise et nauséeuse sur les sièges froids de la salle d’attente, ce qui était très fatiguant et douloureux pour moi qui avait des douleurs ligamentaires (oui oui, j’ai eu toutes les douleurs possibles qu’une grossesse peut générer, c’est possible, j’en suis l’exemple vivant)).

Ce jour-là, avant même de passer la porte, une jeune femme est venue à moi en me serrant la main. « Bonjour madame, je suis étudiante et je suis en apprentissage. Ça ne vous dérange pas que j’assiste à votre consultation ? » Prise pas surprise et par simple empathie à son égard, j’ai dit ok sans broncher.

Durant ce rendez-vous, c’est cette jeune étudiante qui a commencé par effectuer l’échographie. Elle était totalement perdue et elle ne savait absolument pas ce qu’elle faisait, ce qui était très inquiétant pour moi puisqu’elle grimaçait et que je n’avais pas la moindre idée des causes qui la mettaient dans cet état. Je m’imaginais le pire… La médecin attitrée attendait à son bureau, de l’autre côté du mur et elle lui lançait quelques « Ça va ? Ça se passe bien ? » L’étudiante a fini par révéler à demi-mot qu’elle pensait qu’il y avait au moins une fille dans le lot.

Puis, enfin, la médecin a daigné prendre le relais et nous avons enfin su avec « certitude » que nous attendions notre fils, ainsi que notre fille…

Avec du recul, je réalise que j’ai en quelque sorte été prise en otage et que cette méthode qui ressemble à un forcing est totalement déplacée. Qui pourrait froidement dire « Si, ça me gène, n’assistez pas à mon rendez-vous » ?

Voilà ce que nous sommes, des cobayes, des sujets d’études. Cette situation l’a clairement illustré et j’ai définitivement laissé tomber tout l’espoir qu’il me restait vis-à-vis du système dans lequel j’étais entrée.

Le rendez-vous suivant, j’ai fait remarquer à la médecin qu’elle avait inversé « J1 » et « J2 », dont elle avait déjà attribué les sexes précédemment. Froidement, je me suis retrouvée à entendre : « Non, je sais ce que je fais, je connais mon travail Madame ». Je n’ai aucun doute sur le fait qu’elle se soit trompée puisque je passais mes semaines à contempler les échographies où elle avait inscrit elle-même, noir sur blanc, les correspondances…

Je me disais régulièrement que l’attitude de cette médecins était incroyable « Mince alors, elle a du passer par là avant moi, pourquoi elle ne fait pas l’effort d’être vraie et d’être humaine avec sa patiente pour qui c’est le premier enfant ? Les premiers enfants ? »

Je n’ai pas encore parlé des rendez-vous par mois qui se sont transformés en rendez-vous par semaine sur la fin. Je précise que je me déplaçais à chaque fois alors que j’avais justement des contractions.

A l’époque, j’étais novice sur la question. Je ne savais pas du tout qu’une sage-femme pouvait venir à la maison. Personne ne me l’avait proposé. J’étais épuisée. Je me déplaçais avec des sacs poubelles dans mon sac à main pour avoir de quoi m’aider si j’avais besoin de vomir en chemin. Un véritable calvaire. C’est d’ailleurs suite à l’un de ces rendez-vous que le travail s’est déclenché et que j’ai dû rester hospitalisée une vingtaine de jours, alitée.

On m’a fait croire que cette hyper médicalisation m’éviterait le pire, je pense qu’elle a participé à préparer le pire. J’étais épuisée de toute ces visites, de tous ces déplacements, épuisée mentalement d’entendre dire que j’avais une grossesse à risque. J’étais endolorie de tous ces monitorings trois fois trop serrés et rapprochés qui empiraient les contractions. Fatiguée de toutes ces rencontres à peine rentabilisées ne serait-ce que sur le plan humain. J’aurais tellement préféré être suivie par une seule et même personne de confiance avec qui le courant passait bien. Pas « une maman » dans le sens matriarcale, une femme qui serait passée par la peut être, sans doute oui, mais surtout une copine, une amie, une confidente, une femme compréhensive et sensible.

Voilà ce que je pense de cette hyper médicalisation :

– Elle part du postulat que le pire peut arriver et elle insiste sur ce point négatif.

– Elle nous présente en sujet d’étude à l’état de surveillance.

– Elle a quelque chose de totalitaire. J’étais devant le fait accompli et on ne m’a laissé aucun choix, aucune explication, pas de nuances. Une série d’affirmations m’ont amenée à me laisser embarquer dans ce système hyper stressant.

– Elle devait permettre de garder un œil sur l’état des risques, mais toutes les stimulations que ces examens impliquaient ont justement accru les risques.

– Elle a impliqué de nombreuses personnes, ce qui a complètement déshumanisé le suivi.

– Elle aurait dû me rassurer et me donner confiance en moi. Au lieu de cela, j’étais perpétuellement en train de penser aux risques, au pire que l’on pourrait m’annoncer au lieu de vivre sereinement ma grossesse sans me poser mille questions inutiles.

– Elle devait avoir pour but de garder le contrôle, mais la vie en a décidé autrement et j’ai malgré tout perdu mon fils en un battement de cils que personne ne pouvait prévoir et que personne ne peut même expliquer.

Pour en revenir à ma petite illustration d’introduction… « Une pomme par jour tient le docteur à distance ? » Eh bien je pense que l’hyper médicalisation consiste à dire que le docteur est une pomme. C’est une drôle d’illusion.

Voilà ce que je pense de l’hyper médicalisation comme on nous la propose en France à l’heure où j’écris ces lignes. En me basant sur mon expérience personnelle, je peux aisément dire que c’est une mascarade qui déploit des moyens et qui mobilise un temps considérable que personne ne semble avoir envie de vivre subir, ni les professionnels de la santé, ni les patients. Une femme qui a vraiment ce que l’on appelle une « grossesse à risque » n’a certainement pas besoin de l’entendre tous les jours. Une femme fatiguée ne devrait pas être contrainte de se rendre à des rendez-vous stressants et douloureux pour elle. Un système de visite à domicile devrait être prévu et proposé. Une femme devrait aussi avoir le droit de refuser un tel suivi sans recevoir de chantage affectif en contrepartie : « Faites-le pour vos bébés, Madame ». Je suis très perplexe sur les résultats actuels. Le suivi est partagée entre 5 à 10 personnes distinctes, et alors que tout ce petit monde prétend être là pour de nouveaux petits êtres, l’humanité, elle, s’en est allée depuis un moment.

C’est un constat bien triste. Dans une grande ville aujourd’hui, la plupart du temps vous êtes un numéro. Si vous n’y connaissez rien, que vous êtes un peu naïve, que vous avez un peu peur, vous vous laisserez entraîner comme j’ai pu l’être. J’ai mis du temps à comprendre ce qui m’était arrivé. Je n’ai pas encore tout compris. Ce que je sais, c’est que dorénavant je dis non avec beaucoup plus de force. Je le dis beaucoup plus souvent. Dès que je ne suis pas sûre, je dis non avant de dire oui pour garder un contrôle ; après tout, je suis responsable de ma vie et ce celles de mes enfants. Alors justement, c’est pour mes enfants que j’apprendrais encore et encore à dire non, car pour qu’une grossesse se déroule bien, la maman doit aller bien physiquement mais aussi mentalement.

EM.

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Ce que nous, mamans, ne faisons plus !

unbrindemaman © EM – Madame bonheur.

J’avais prévu un tout autre article maternité, mais il semblerait que le temps qu’il me reste par jour à consacrer au blog ne me permette pas d’écrire celui que j’avais en tête pour le moment. Alors pour éviter de déserter le blog (autant que les réseaux), je publie quand même un petit article un peu amusant pour vous faire part d’une prise de conscience qui m’est apparue ce matin.

Voici, en vrac, toutes les choses que je ne fais plus depuis que je suis devenue maman :

  • Depuis que je suis maman, j’ai fait une croix sur les grasses matinées.
  • Je ne dors jamais plus de 3 heures d’affilée, grand maximum. Soit pour cause de réveil nocturne de notre choupette, soit par besoin irrépressible de vérifier qu’elle va bien.
  • Je ne regarde plus le verre dans lequel je bois (verre systématiquement partagé par force la force des choses).
  • Je ne bois plus mes fonds de verre d’eau qui sont à base de miettes de pain et autres bouts d’aliments indéterminés (je ne suis pas complètement dingue non plus…).
  • Une petite tâche due à une éclaboussure de sauce n’est plus un motif suffisant pour changer de pull.
  • Je limite toute substance sur mon visage qui pourrait m’empêcher, ou seulement me dissuader d’embrasser ma fille autant que je le souhaite (je rejette même le labelo en sa présence pour garder une totale liberté et un confort #ModeAttaqueDeBisousActivé).
  • Je ne peux plus voir d’accouchements sans verser une larme. (Exit baby boom.)
  • Je ne regarde plus les femmes qui ont eu des enfants du même œil. Plus une femme a d’enfant, et plus je suis admirative (je pense à la prouesse que les grossesse/accouchement/maternité impliquent).
  • Je ne regarde plus les femmes qui n’ont pas encore d’enfant du même œil. Pour le moment, elles ne savent pas, elles ne peuvent pas comprendre et leur maturité sur cette question viendra certes à des degrés différents, mais il leur faudra inévitablement passer par cette expérience pour toucher du doigt ce qu’une maman peut véritablement ressentir.
  • Je regarde ma mère avec un prisme nouveau. C’est mon héroïne.
  • Depuis que je suis devenue maman, je ne peux plus vivre sans mes enfants. Ils sont dans ma tête et dans mon cœur à chaque seconde.
  • Je passe en second plan. Je m’occupe toujours de mon mini-moi en premier.
  • Je ne peux plus me permettre de prendre du retard sur les machines (enfin… certaines machines). Quand bébé à besoin d’un body, il doit y avoir un body à disposition !
  • Je ne peux plus sortir à la dernière minute, ni même sur un coup de tête, préparatifs pour bébé obligent…
  • Je ne gère pas mon emploi du temps de la journée par heures. Tout dépend de l’heure et de la durée des siestes de bébé…
  • Ma garde robe se module selon deux contraintes : moins de blanc (quoi qu’au début, je m’y étais déjà risquée. C’est moins possible aujourd’hui, le ton sur ton passe avec les régurgitations de lait, pas avec les taches de sauce…) Et plus de chemisiers (l’allaitement en hiver est très contraignant dalleurs…).
  • J’ai beaucoup moins le temps de lire/m’ennuyer/glander/réfléchir/me gratter la tête/répondre au téléphone/avoir une discussion ininterrompue par des « Attends une seconde »…
  • Je ne peux plus utiliser de crayon, de stylo ou de feuille en présence de ma fille sous peine de me les faire dérober pour une cause artistique qui dépasse ce pourquoi ils avaient été sortis à la base (la liste des courses par exemple…).
  • Utiliser l’ordinateur en présence de notre choupette est un risque en soi pour le bon fonctionnement de l’ordinateur.
  • Je ne déplace pas mes meubles seulement en fonction de mes goûts, mais surtout pour éviter à ma fille d’avoir accès à ce qui ressemble à des zones d’escalade en libre accès à ses yeux.
  • Je ne culpabilise pas de jouer des heures aux légos/kaplas/puzzles et autres jeux de coloriage. (J’accompagne simplement ma fille dans son développement psychomoteur, vous comprenez ?) (Et puis d’abord, je fais ce que je veux. Na !)
  • Je ne m’inquiète pas de savoir si quelqu’un pense (ou pensera) à moi. Je ressens beaucoup d’amour au quotidien et ce sentiment est très réconfortant.

Être maman, c’est génial. Au fil de ma vie, j’ai comme grignoté une pomme, ma « pomme de vie », morceau après morceau. Des bouts de petites bouchées qui m’ont fait grandir et qui m’ont nourrie. Le champ des possibles était flou, après tout, les pommes sont à l’image du monde, rondes, à l’horizon incertain.

Donner la vie, c’est tout autre chose. C’est comme si tout à coup, l’envers de notre pomme bien lisse et ronde se révélait devant nous. Devenir maman, c’est découvrir et croquer cette face encore inconnue à pleines dents et découvrir une nouvelle saveur unique. Une nouvelle facette de la vie. Une nouvelle étape complètement inattendue.

On croit avoir déjà goûté à tout, mais la maternité est un chemin truffé de nouvelles sensations très complexes que je n’aurais même pas pu imaginer avant de le vivre vraiment. J’en suis encore toute chamboulée.

Il y a tellement, tellement de choses que je ne fais plus, que je ne veux plus faire, que je ne peux plus faire, tantôt pour cause de moins de temps, de moins de possibilités, de trop de dangers, trop d’imprévus, ou de pas assez de préparation en amont. Mais il y a aussi des tonnes de nouvelles choses qui ponctuent ma vie grâce à mon nouveau statut de maman. Des tonnes d’autres choses qui me rendent heureuse et qui mériteraient aussi un article.

EM.

Et vous, quelle est la chose la plus marquante que vous ne faites plus depuis que vous êtes maman ?

PS : La boutique en ligne avance bien ! Je suis au taquet ! J’y travaille tous les soirs et je m’amuse vraiment. Hâte de vous présenter le site ! C’est pour bientôt je l’espère.

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Tic tac tic tac…

unbrindemaman © EM – C’est pour bientôt…

Un tout petit article aujourd’hui parce que j’ai le sentiment de dire depuis des mois maintenant que la boutique arrive bientôt, ce qui est vrai, mais les choses se font étape par étape. La liste des choses à faire est bien consigné à l’écrit. Les agendas sont au taquet et pendant que l’heure tourne, les choses avancent bel et bien !

Mon objectif plus réaliste (que la rentrée dernière) est que la boutique ouvre avant les fêtes, idéalement courant novembre…

Alors voici une liste de ce qu’il reste encore a faire avant l’ouverture :

  • Je dois impérativement ranger, ordonner et vider mon ordinateur qui est d’une lenteur pas permise. Je dois le faire pour garantir une belle organisation des dossiers pour la boutique, simple et efficace.
  • J’ai passé une petite partie de la journée d’hier à prendre des photos des différents produits. Je dois encore transférer les images sur mon ordinateur (qui doit être prêt à les accueillir…), traiter les images et mettre le logo en filigrane sur chaque cliché.
  • Il faudrait que je termine quelques documents explicatifs pour illustrer les différentes gammes (au moins une en particulier).
  • Nous devons aussi déterminer les prix une bonne fois pour toute.
  • Je dois prévoir un petit texte explicatif (caractéristiques…) par produit.
  • Je voudrais aussi que chacune des 7 sections puissent renvoyer à un article de blog. Je dois donc prévoir 7 petits articles  de présentation… (Ce n’est clairement pas ce qui prendra le plus de temps.)
  • Le plus gros du travail réside dans la création du site en lui-même qui n’est pas encore au point.
  • Ainsi que quelques détails annexes qui me tiennent à cœur, tels que l’obtention d’une boîte postale pour pouvoir communiquer avec qui voudra m’envoyer une lettre…

Vous l’aurez compris, il reste encore quelques petites choses à caler et à intégrer au site de la boutique qui est en construction.

Je suis super impatiente de lancer tout cela. Il y aura peut-être assez peu de surprise dans le fond parce qu’à chaque fois, je vous dévoile un peu de nouvelles choses ici et là. Mais qu’importe, une fois la boutique lancée, elle sera alimentée différemment au fil des ventes. C’est ce qui fera la magie de cette petite aventure.

EM.

J’espère ne pas réchauffer trop le plat en disant à longueur de semaines que les choses avancent sans en montrer plus que cela… J’espère que je ne décevrais personne. Nous continuons de travailler et je vous dis à très vite pour un article « maternité », pour changer un peu des articles Mumpreneuse…

Et puis, pour celles qui ne l’auraient pas encore vue, je vous remets ici la vidéo de « mise en bouche » que j’ai réalisée avec tout mon cœur.

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Vidéo de présentation de la boutique et ses catégories

unbrindemaman © EM – Un brin de maman

Je profite de cet article pour commencer par vous dire que les deux tests dont je vous avais parlé se sont avérés fructueux ! La gagnante du concours a bien reçu son tableau (je vous montrais un aperçu du tableau accroché dans son bel intérieur sur Instagram il y a quelques jours), et puis ma copinaute mystère a aussi reçu son tableau vitré sans encombre ! Je suis contente de voir que nos choix ont été éprouvés et validés.

Il reste encore un petit peu de travail avant que la boutique n’ouvre pour de bon mais j’étais beaucoup trop impatiente de vous dévoiler la vidéo de présentation sur laquelle je planche depuis quelques jours déjà !

J’ai fait parler mon imagination et je me suis tout simplement amusée à la réaliser ! J’ai mis beaucoup de cœur à l’ouvrage et même si je sais qu’elle n’est pas parfaite, je me sens prête à vous la partager.

Cette courte vidéo ne montre pas toutes les catégories que contiendra la boutique. Elle met le focus sur ma passion pour le dessin et elle donne à voir quelques indices sur les services qui seront proposées.

Je vous laisse visionner cela, avec le son s’il vous plaît !

Alors, alors vous aimez ? Je suis super impatiente d’avoir vos retours !

Je n’ai pas mis de crédit directement dans la vidéo, mais je le fais quand même ici pour celles que ça intéresserait…

– La superbe prise vidéo de l’abeille provient du site : Videezy.com.
– La superbe prise vidéo des brins en mouvement est de : JayMiller.
– Les prises vidéos de mon travail ont eu lieu dans notre atelier, elles ont été prise par moi-même. (Oui, oui, ce fut sportif mais très amusant).
– Le nom de la musique : This Moment
– Les bruits d’ambiance ont été soigneusement choisis dans des banques de sons en libre service.
– La mise en scène a été effectuée par mes soins et le montage vidéo a été réalisé avec iMovie toujours par moi-même.

Les 7 gammes de la boutique un brin de maman :

Je profite aussi de cet article pour vous dévoiler le nom des sept catégories de la boutique. Elles feront l’objet d’un article chacune, alors je laisse encore le mystère planer, le temps d’avancer encore un petit peu…

1 – Maman poule
2 – Un brin unique
3 – Rendez-vous des mots
4 – Toi par moi(s)
5 – Traits pour toi
6 – Pensées farfelues et autres joyeusetés
7 – Mémoire d’anges

Les sept catégories ne seront pas toutes effectives en même temps dès le lancement de la boutique, mais les concepts sont plantés. Ils seront exposés et les fonds récoltés grâce aux premières servira à débloquer de nouveaux paliers pour développer les secondes. Cela me permettra aussi de tâter le terrain pour voir ce qui plaît le mieux en m’évitant de prendre trop de risques…

Mais j’en dis déjà trop ! Je vous laisse sur ces mots et j’attends vos retours avec grande impatience !

Ah ! Attendez ! Vous avez probablement repéré le regard perçant de l’adorable petite fille du portrait dans la vidéo… Avez-vous deviné qui est la blogueuse mystère qui a ouvert le bal, me permettant ainsi de faire un test grandeur nature… ? (Merci à toi 😉 )

EM.

A très vite et merci à vous toutes pour tout votre enthousiasme pour ce projet et tout votre soutien !

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Avec le cœur

unbrindemaman © EM – Une brindille + une brindille + une brindille…

Je reviens aujourd’hui pour vous parler un petit peu. Cela fait plusieurs semaines que les choses avancent concernant le projet de boutique en ligne. Aujourd’hui, je vous dévoile l’arrière-plan de ce projet qui, vous allez le voir, est en lien direct avec notre histoire.

C’est une bien modeste ligne de conduite qui nous anime. Pour être complètement honnête, j’ai encore aujourd’hui beaucoup de doutes sur la réussite du projet et l’intérêt du public. Peut-être que que ma petite boutique en ligne fera un flop total et que les produits resteront dix ans avant de se vendre au compte-gouttes… mais à force de douter et d’avoir peur, on ne fait plus rien, alors je regarde de l’avant avec un brin d’espoir et beaucoup d’enthousiasme pour vous annoncer que nous avons décidé de nous lancer par le biais d’une association à but non lucratif.

Mon dernier article donne des pistes pour comprendre ce choix qui est tiré de notre histoire et qui est gravé au fond de notre cœur. Je vous laisse passer lire mes mots ici si ce n’est pas déjà fait.

Notre fils a bouleversé notre vie, au même titre que sa sœur jumelle, notre fille, qui est parmi nous. Ce que nous souhaitons, c’est avancer en famille, sur un chemin emprunt de douceur et d’altruisme pour les enfants du monde, et nous en avons à revendre, de l’amour. Ce n’est pas l’affection pour notre fils que nous redirigeons. Non, rappelez-vous, l’amour ne se divise pas, il se multiplie.  Notre fils nous accompagne dans chacun de nos pas et nous ressentons le besoin de continuer à faire exister sa mémoire à travers nos actes.

Vous avez bien compris, derrière ce « gros » projet, il y a nos deux enfants : notre petit ange si pur qui nous rappelle que la vie est imprévisible, et puis il y a notre fille pleine d’innocence qui est là, avec nous sur cette terre, dans un monde plein d’injustices et d’inégalités . J’ai la chance extraordinaire d’être la mère de mes jumeaux, ils font ressortir le meilleur de moi-même à eux deux réunis, et notre expérience a remis les choses en perspective. C’est avec des valeurs de partage et d’altruisme que nous souhaitons éduquer notre fille. Alors, avec la mémoire de notre petit ange, mon mari et moi avons décidé de créer l’association Mémoire d’anges pour rendre hommage à tous ces petits êtres qui ont bel et bien existé et qui continuent d’impacter le monde à travers la mémoire et les actions des gens qui les aiment sur terre.

Pourquoi je me lance ?

Pour panser mes plaies, accomplir quelque chose, rester active tout en restant auprès de ma fille pour la voir grandir et pouvoir m’occuper moi-même de la chair de ma chair comme a pu le faire ma propre maman avec moi (je ne la remercierai d’ailleurs jamais assez pour cela). Pour me changer les idées, me faire plaisir… Pour y mettre mon cœur et le faire par plaisir, me moquer des risques que cette activité impliquerait si je la gérais sous forme d’entreprise. Juste pour m’amuser et faire plaisir à d’autres mamans, d’autres enfants, dessiner, créer, m’amuser encore…

Cela peut sembler fou pour certains de dépenser autant de temps et d’énergie sous cette forme… Nous ne roulons pas sur l’or, mais il s’agit d’une activité annexe qui a un sens très fort pour moi. Une forme de valeur ajoutée à ma vie. Je sens que j’en ai besoin.

Le fonctionnement :

Le premier espoir est que les frais de roulement soient comblés par les ventes (frais d’impression, matériel d’art, cadres…).

Puis que de nouvelles gammes puissent être autofinancées pour essayer de toucher un plus grand nombre de mamans et faire grandir le projet.

Je précise de nouveau que cette activité est associative et à but non lucratif. Il n’y a aucun salarié, je ne serai donc pas rémunérée. Ceci étant dit, je tiens à préciser que je souhaite quand même donner à cette activité une touche de professionnalisme et de rigueur propre aux entreprises classiques. Je ne mettrai pas de cagnotte ouverte. Je ne ferai pas d’appel de dons (sauf cas exceptionnel car il ne faut jamais dire jamais). Je souhaite que toutes les retombées soient le fruit de notre travail, porté par la mémoire de notre petit ange.

Dans un deuxième temps, l’objectif est que tout l’argent encaissé serve à des actions ayant pour sujets principaux des préoccupations autour du thème de l’enfance ou de la maternité. Il pourra aussi s’agir de dons à d’autres associations que nous choisirons consciencieusement au fur et à mesure, mon époux et moi-même.

Je glisse une dernière ligne parce qu’il le faut bien… Si la vie m’a bien appris une chose, c’est que nous n’avons main sur rien du tout. Je peux choisir comment me comporter. Je peux choisir ce que je veux proposer et offrir au monde, mais en réalité la vie m’amène où elle veut. J’ai porté, senti et communiqué avec mon fils jusqu’aux derniers instants et puis sans un bruit, mon rêve m’a échappé sans que je ne puisse rien y changer. Alors je le dis à demi-mot parce qu’il faut bien le dire : si la vie me mettait au pied du mur et qu’elle ne me laissait plus de choix, alors je réfléchirais peut-être à me détacher de l’association en prenant mon envol dans les règles pour pouvoir en vivre en partie. Si cela arrivait un jour, alors ce changement majeur serait évidemment annoncé.

J’espère que vous comprenez la forme que prend cette petite aventure. Elle est chargée de sens et elle me tient vraiment à cœur.

L’association Mémoire d’anges :

L’association Mémoire d’anges est une association à finalité humanitaire et culturelle. C’est un organisme à but non lucratif qui a pour objectif de contribuer à l’épanouissement des enfants et de leurs parents. Pour y parvenir, l’association pourra développer diverses activités (artistiques, littéraires, créatives…). Nos missions impliquent d’agir pour valoriser le statut de la maman et renforcer les liens parents/enfants pour garantir un foyer chaleureux, pour une famille soudée et heureuse.

La boutique unbrindemaman est la première activité de notre association, il y en aura peut-être d’autres à l’avenir.

EM.

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Mamange, mon devoir de mémoire

unbrindemaman © EM – Mamange, mon devoir de mémoire

Il est 23h01, cela doit déjà bien faire deux semaines que je me sens prête à écrire sur ce sujet. En journée, j’écris des articles entiers dans ma tête. Ils sont longs, très longs. Je dis tout ce que j’ai sur le cœur. Puis je m’assois devant mon ordinateur le soir, lorsque j’ai un moment, et je regarde la page blanche rester blanche, parce qu’à chaque fois je réalise qu’aucun mot ne peut décrire mes pensées, mes émotions, mon ressenti… Je me sens vide et j’ai le sentiment de n’avoir plus rien à écrire qui n’a de sens réel en comparaison de ce que je vis ou de ce que j’ai vécu.

Alors ce soir, je prends le clavier sans conviction de publier. Je vais écrire en espérant ne pas être interrompue dans mes pensées, et voir si je garde cet enchaînement de mots ou non. Même si je sais au fond de moi qu’aucun mot ne peut véritablement traduire ce que j’ai à exprimer.

Peu importe si mon récit est décousu, je me lance.

Je me rappelle, il y a bien des années, une petite fille dans la cours de récréation. Elle avait quelques années de moins que moi. Elle avait peut-être 8 ou même 12 ans, je ne sais plus. Toutes mes copines parlaient d’elle avec un ton accusateur. « Regarde, elle vient de perdre son père et elle vient à l’école », « Regarde, regarde, elle joue dans la récréation, elle s’amuse », « Regarde elle sourit », « Regarde elle n’est même pas triste »…

J’ai toujours gardé l’image de cette petite fille, qui avait perdu son père si jeune et qui parvenait à rester impassible aux yeux du monde.

Moi, j’ai toujours été spectatrice de ces types d’événements. Je me disais que j’avais de la chance de n’avoir jamais perdu qui que ce soit que je connaisse. Je me donnais la chair de poule en me demandant ce que ça faisait, et je finissais toujours par me dire « ça n’arrive qu’aux autres ». Je ne voulais pas y penser même si je savais évidemment que la mort fait partie de la vie.

J’en parle d’une certaine manière dans quasiment tous les articles depuis l’ouverture du blog et certaines d’entre vous l’on ressenti entre les lignes et l’ont compris… Je parle souvent de « mes enfants ».

C’est d’ailleurs la question la plus difficile au monde pour moi : « Combien d’enfants as-tu ? » Eh bien je suis doublement maman, n’en déplaise à certains. Maman de jumeaux, ce miracle fou m’est tombé dessus et m’a submergée de bonheur, un bonheur incommensurable. Huit mois de communion, de discussions, huit mois de petits coups de pieds, de mains qui se joignent, huit mois de guillis dans le ventre et dans le dos, huit mois de remontées acides et de vomis faute d’espace dans ce ventre plein à craquer par deux cœurs, deux petits corps chauds qui battaient au rythme du mien, de cœur. Trois cœurs dans un même corps. Beaucoup de sensations, beaucoup de communication et beaucoup d’amour entre nous.

Et puis un jour, mon mari et moi nous apprenons que nous avons « le choix du roi », une princesse et un prince. Nous sommes comblés de joie. A l’échographie, c’est toujours notre fils que nous voyons en premier, et avec plus de facilité. Notre fille se cache dans mon dos au point qu’il est difficile, voire impossible de tout contrôler pour elle, mais à chaque fois tout va bien, et nos merveilles grandissent au fil des mois, en pleine forme.

L’avant-vieille de la Date Prévue d’Accouchement, l’échographie indique que tout va parfaitement bien et que nous pourrons rencontrer nos enfants dans deux jours. « C’est parfait. »

La vieille de la DPA, j’apprends que l’un de mes enfants est plutôt très bas, une deuxième échographie est programmée dans la matinée.

Je revois les yeux livides de l’affreuse étudiante sage-femme. Puis tout s’accélère.

Un cœur sur trois s’est arrêté sans raison, à quelques heures de voir le jour. Aucune cause, pas de pistes. Rien. Le flou le plus complet.

Je suis laissé entre 10 blouses blanches muettes, et moi en larmes, perdue. Je cris de désespoir pour qu’on se presse de sauver mon fils. Je fais mille demandes, je pose des questions, je tremble. Tout est froid. « Ça ne sert à rien madame, c’est trop tard. »

Mon histoire, notre histoire, est un point d’interrogation. Personne ne sait pourquoi c’est arrivé. Je ne savais pas qu’un cœur pouvait cesser de battre à quelques heures du terme de la grossesse. C’est un rêve a portée de main qui m’a été arraché. J’ai vécu un traumatisme très profond. Inexplicable. Cet article me demande une énergie folle. J’ai le sentiment d’écrire du vide, je ne décris pas un dixième de ce que j’ai ressenti. J’ai cru que le temps s’arrêtait. Les images me reviennent et je ne comprends pas ce qui est arrivé. Je me sens perdue dans un brouillard d’incompréhension qu’aucun professionnel n’est en mesure d’expliquer ou d’éclaircir.

J’ai tenu ma fille, mon amour, ma princesse, ma merveille. Elle m’a embrassé au moment où je m’apprêtais à le faire. Elle m’a presque fait boire un peu de son liquide amniotique. Elle est venue à moi dans un élan d’amour. Elle était là, notre bébé. Bien réelle, sur moi. Je l’aime tellement.

Plus tard j’ai retrouvé mon roc, mon époux, qui venait de tout découvrir sur le tard. Et ensemble, nous avons pris notre fils dans les bras pour la première fois. Nous étions tous les quatre réunis ensemble. Notre fils, bien réel, là dans nos bras, notre bébé, sur nous, habillé, si beau. Je l’aime tellement.

Je fragmente mon récit car tous ces souvenirs sont à nous, je ne veux pas tout éparpiller. Je parle d’ailleurs à la première personne, mais nous avons tous les deux été profondément bouleversés. Ces souvenirs nous appartiennent seulement à nous, leurs parents, alors je garde tous les détails pour nous.

Tout au long de ma grossesse, quand je posais ma main sur mon ventre, c’est notre fils que je sentais. A la naissance, il pesait même plus que notre fille… Tout au long de ma grossesse, je voulais garder des souvenirs, et pour chaque vidéo que je revisionne aujourd’hui,  je sais que sous mon ventre qui bouge, ce sont les pieds et les bras de mon fils qui apparaissent. Sur l’échographie 3D, seul le portrait de mon fils a pu être vraiment capturé. Tous les profils visibles sur les échographies en gros plan ne sont autres que ceux de mon fils. A chaque fois que je ressortais des rendez-vous (un rendez-vous par mois pour une grossesse gémellaire comme la mienne), j’étais souvent inquiète pour ma fille. Je me demandais toujours si elle avait assez de place et si elle était confortablement installée en moi.

J’en viens au fond du sujet. Car ce n’est pas les détails de ma vie que je veux exposer ici. Ce n’est pas mon souhait du tout.

Aujourd’hui, je veux parler de quelque chose qui me déchire le cœur, lui qui est déjà bien abîmé. Je ne suis pas la seule à avoir vécu cela dans le monde, d’ailleurs c’est bien pour cela que j’ai pris mon temps avant d’inscrire le mot « mamange » ici. Je ne suis pas le « caliméro » de la blogosphère ou du monde. J’ai une peine qui me regarde. Je ne veux pas avoir à me justifier de mes larmes. Je n’ai pas à me justifier de penser à mon fils.

Mais j’ai entendu des choses atroces depuis que ce drame est arrivé et j’aimerais profiter de cet article pour les dénoncer :

– Une médecin rouge de honte, voix tremblotante, qui ne tenait pas en place sur son siège, m’a glissé, dans une volonté évidente de se dédouaner : «  Vous n’avez pas signalé que vous ne sentiez plus l’un des bébés alors je ne sais pas… » Cette phrase me met hors de moi. J’ai fait les cours de préparations à l’accouchement et j’ai posé cette question au moins trois fois. A chaque fois, la sage-femme me disait avec un air amusé de me calmer et de rester rationnel, car si je sentais du mouvement, c’était bon. Pour une femme enceinte de jumeaux, et je sais qu’il y en a beaucoup qui me suivent ici, entre deux mains, deux pieds, deux têtes, deux derrières, quatre bras, quatre jambes… il est tout bonnement impossible de savoir qui bouge quand. Surtout lorsque leurs rythmes de sommeil alternent.

J’avais des contractions depuis un moment, je remettais les décisions entre les mains des médecins. De toute façon, je n’avais pas mon mot à dire.

– Il y a eu les:  « Oh c’est bon, tu as déjà ta fille, estime-toi heureuse », « Il y en a pour qui c’est pire », « L’important c’est que toi, tu sois en vie », « Tu es sûre que tu n’as rien fait de mal ? », « Ce n’est qu’un bébé, tu n’avais pas encore vécu avec lui ».

Ai-je besoin de commenter ces réflexions ? Je ne suis pas dans un concours de malheurs et je ne demande à personne de peser ma peine, encore moins de la comparer.

J’aurais donné ma vie pour mon fils sans hésiter. Je sais que mon mari aussi aurait donné la sienne bien volontiers. Je l’ai tenu dans mes bras, je l’ai senti durant de nombreux mois. C’est mon fils. J’aime mes enfants plus que ma propre personne. J’aurais tout fait pour eux. La seule chose sur laquelle les médecins ont été clairs, c’est que rien ne peut expliquer ce qui est arrivé. C’est interne. « Un cœur qui s’arrête, cela peut arriver à n’importe qui, n’importe quand. » C’est inexplicable dans notre cas, car tout allait bien.

Mon fils n’est pas « qu’un bébé », c’est mon fils. La chair de ma chair. J’ai vu son sourire et ses cheveux, je l’ai porté dans mon ventre et dans mes bras, comme notre fille, comme sa jumelle. Ce n’est pas un mirage qui a traversé notre vie. C’est une réalité, un être qui a communiqué avec moi et mon époux, au même titre que notre fille qui nous accorde le plaisir de nous offrir ses éclats de rire chaque jour que Dieu fait. C’est peut-être d’ailleurs ce qui explique certaines de mes réactions hyper-protectrices vis-à-vis de ma fille. J’ai déjà perdu un enfant… Ce que nous avons vécu est très traumatisant. Je connais la valeur de la vie d’autant plus aujourd’hui qu’une partie de moi est partie.

– Il y aussi les faux tristes, un peu hypocrites ; ils vous regardent les sourcils en circonflexe et pensent vous rabaisser à coup de : « han, ma pauvre ».
La vérité, c’est que j’ai une double chance : celle d’avoir porté la vie, et celle d’avoir porté ces vies-là en particulier.

À choisir entre effacer tout ce qui est arrivé sans connaître mon fils, ou revivre la même chose, je choisirais de tout éprouver de nouveau. Je suis honorée d’être la maman de mes jumeaux. C’est une réelle fierté pour moi. Une richesse inestimable.

Toutes ces petites phrases assassines sont lancées le plus souvent par des gens qui n’ont pas d’enfants. Ils ne sont pas sensibles à cela. Ils cherchent à se mettre à ma place et se projettent sans comprendre. Ils n’ont rien vécu de ce que j’ai vécu, de ce que nous avons vécu.

Il y a différents types de réactions. Il y a ceux qui font comme si notre fils n’avait jamais existé. Ils l’omettent de toutes les discussions. Ils ne cherchent même pas à savoir si je vais bien concernant cette question. Il y a ceux qui minimisent ma peine, qui ne comprennent pas que je puisse être tant affectée. Ceux qui évitent le sujet à tout prix. Ceux qui parlent de manière très crue et froide, et qui veulent connaître tous les détails, sans pincettes. Il y a ceux qui se donnent le rôle des plus malheureux, ils pensent peut-être que leur peine pour ce qui m’est arrivée peut surpasser la mienne : je me demande qui dans ce monde peut prétendre être plus malheureux pour ma perte que moi, la mère de mes jumeaux, moi qui ai tout éprouvé, moi qui ai tout senti, moi qui ai tout vécu. Mes enfants m’ont tant donné durant ces longs mois de vie que nous avons partagés ensemble… Je n’ai plus de mots.

Aujourd’hui, j’ai le même sentiment que j’ai eu en sortant de la maternité il y a un an et quelques mois. Je sens qu’il manque quelqu’un. Je sens qu’il me manque une partie de moi. J’ai le cœur qui saigne un peu chaque jour et les yeux qui gouttent, dans l’ombre, à l’abri des regards, loin de celui de ma fille, pour qu’elle ne voie que mes sourires réconfortants. J’ai une blessure à vif qui continue de me brûler intérieurement et qui ne s’éteindra jamais.

A toutes les personnes qui m’ont déjà lancé un « oh eh, c’est bon hein, tu as ta fille auprès de toi, donc arrête de pleurer » : ces personnes ne comprennent pas que l’amour ne se divise pas, il se multiplie. Cela signifie que lorsque j’étais enceinte, mon cœur avait grandi. Il y avait une place pour moi, une pour mon mari, une pour ma fille et une pour mon fils. Puis, lorsque nous sommes rentrés à trois au lieu d’être quatre, j’ai ressenti un vide. La grossesse gémellaire ne justifie pas les pertes… Cette réflexion n’a aucun sens. Chaque enfant est une individualité à part entière, même quand ils arrivent par paire. Chaque enfant a une âme propre et un corps propre. Il n’est pas question de troc ou de compensation.

Mon fils me manque et je pense à lui chaque jour, plusieurs fois par jour même. Il est dans chacun de mes pas, dans chacun de mes mots, dans chacun de mes souffles, je l’aime et je le pleure un peu chaque jour. Cela n’enlève rien à l’amour et au bonheur incroyable que me procure ma fille. Je l’aime à un point que vous ne pouvez pas imaginer. Il n’est pas question de comparaison. C’est inimaginable. J’aime mes deux enfants comme je les ai aimés quand j’ai appris leur existence, et comme je les aimerai pour toujours. Ce n’est pas la durée de vie qui détermine la quantité d’amour à donner. Des souvenirs, j’en ai eu avec mon fils, j’en ai avec mon fils. Des souvenirs, j’en ai eu avec ma fille, j’en ai avec ma fille et j’espère en avoir encore beaucoup avec elle, la prunelle de mes yeux.

Ce que je veux crier haut et fort, c’est que notre fils est un être à part entière, un beau petit homme qui a passé du temps à jouer avec sa sœur jumelle et avec nous, dans mon ventre certes, mais tout ceci était bien réel. Il fait partie à part entière de notre famille.

Il nous a apporté tant de bonheur que je ne peux pas accepter que des personnes cherchent, par leurs mots ou leurs attitudes, à étouffer ou à minimiser son existence. Ces mêmes personnes peuvent trouver cela absurde d’enterrer un bébé. Pour nous, c’était une évidence.

C’est notre fils. Il a apporté quelque chose au monde en partageant de son temps et du bonheur avec nous. En nous impactant, il a impacté le monde et il continuera de le faire aussi longtemps que sa mémoire restera vivante dans nos cœurs et dans nos esprits. Je voudrais crier fort : Mon fils, tu n’es pas orphelin d’amour sur cette terre. Nous t’aimons, ta sœur jumelle, ton père, et moi, ta maman.

Ma première grossesse a fait de moi une maman et une mamange en même temps. Pour mon époux et moi, ce fut notre première expérience en tant que parents. Parents de jumeaux, parents pour la première fois et puis parange aussi…

Aujourd’hui, je l’écris noir sur blanc, même si j’ai mis du temps à le faire clairement ici. Pourquoi j’ai pris ce temps ? Parce que je ne veux pas faire pleurer les chaumières. Parce que toutes les larmes qui englobent notre histoire sont pour nous, elles nous appartiennent. Parce que je ne veux pas répondre aux questions des curieux et déballer notre vie, je veux garder le contrôle, éviter les intrusions, éviter les jugements et les suppositions stériles. Je veux vivre ma peine d’avoir perdu mon fils, et ma joie d’avoir ma fille auprès de moi, sans me justifier, sans réfléchir aux dires des autres qui ne savent pas, qui ne comprennent pas…

Avec le temps et l’expérience, je crois pouvoir dire que les émotions les plus sincères sont les plus décomplexées. Pour moi, elles se font à l’abri du feu des projecteurs. En façade, je peux être impassible et même rire, comme le faisait la petite fille de la récréation de mon enfance, et puis dans l’ombre, je sais très bien où j’en suis avec cette question.

J’ai la foi, c’est important à mentionner aussi, car cela m’aide beaucoup. Je sais que je ne pleure pas pour mon fils, qui est à l’abri des vices de ce monde, mais je pleure mon fils. C’est-à-dire que c’est pour moi que je pleure, parce qu’il me manque. J’ai besoin de lui, plus qu’il n’a besoin de moi là où il se trouve. Je voudrais ressentir son amour et être sûre qu’il puisse ressentir le mien. Le manque est difficile à supporter mais je vais bien. Nous allons tous bien, nous continuons à vivre bercés par les sourires de notre princesse qui égaye notre quotidien. Cette épreuve nous a soudés plus que jamais.

J’écris cet article pour dire au monde que notre fils a existé. Il a bouleversé notre vie, et dans chacune de nos actions, il est là. Il continue d’exister dans nos mémoires et dans notre cœur, il nous pousse à être meilleurs chaque jour et dans cette mesure, il continue d’apporter au monde. Il est très important dans nos vies.

Je l’écris aussi pour dire que les mamanges ont des droits. Elles ont le droit de raviver la mémoire de l’existence de leurs petits anges dans les mémoires car oui, ils ont bel et bien existé. Dans mon cas, c’est plus qu’un droit, c’est un devoir, car délaisser son souvenir et l’oublier serait inhumain à mes yeux, ingrat même.

Contrairement à ce que beaucoup de personnes peuvent imaginer, il n’y a rien de plus réconfortant pour moi que de parler de mon bébé, parler de ses traits et des souvenirs que j’ai avec lui. Il n’y a rien de plus réconfortant pour moi que de rappeler son nom dans mon quotidien. Son nom est un pansement pour mon cœur meurtri. La mémoire de son nom le fait être parmi nous, et à chaque fois que je l’entends résonner, mon cœur sourit et je m’apaise.

Nous ne t’oublierons jamais.
Mon fils, je t’aime depuis toujours et pour toujours.

EM.

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Banque de citations et règles du jeu du #RDVdesmots

unbrindemaman © EM – #RDVdesmots

Le #RDVdesmots prend un petit mois de pause car j’ai des choses à vous dire dans les prochains articles. Pour ne pas interrompre le fil des prochaines publications, je préfère suspendre un peu notre rendez-vous hebdomadaire pour privilégier la qualité à la quantité. N’ayez crainte, nous reprendrons ce rendez-vous bien assez vite !

L’article du jour a pour but de répertorier toutes les citations du rendez-vous des mots déjà proposé pour s’y retrouver un peu mieux. Cet article se verra enrichir chaque semaine d’un nouveau lien cliquable menant à la dernière citation en date.

Dans cet article, je vous présente donc le rendez-vous phare du blog : le rendez-vous des mots. Pour cela, je vous republie ici le texte de présentation que j’avais écrit pour signer le lancement de ce nouveau concept, suivi de la liste des citations qui ont déjà été traitées mais que n’importe qui peut encore s’approprier à tout moment !

J’ai pensé qu’il serait amusant de mettre en place ce rendez-vous qui consisterait à partager une production chaque semaine autour d’un proverbe ou d’une citation en commun (déterminé en amont).

Vous souhaitez participer au rendez-vous des mots ? C’est très simple, il vous suffit d’être inspirée par la citation, vous pouvez participer sur votre blog, sur Instagram, Facebook, Twitter ou même en commentaire. Il n’y a pas de jour imposé ou d’ordre, pas de contraintes. Tout le monde peut participer.

Tous les formats et médiums sont possibles : articles d’actualité, historiques, philosophiques, humoristiques, une anecdote, un avis personnel, une histoire, une poésie, un dessin, une photo, un tricot, une construction… Vous pouvez détourner la citation ou au contraire lui donner un ton grave et sérieux. Votre production peut être courte ou longue… Tout est libre ! Pas de jour de publication imposé. Tout le monde peut participer sans contrainte.

Celles qui souhaitent participer pourraient utiliser l’appellation suivante pour que nous puissions nous retrouver les unes les autres : #RDVdesmots

Les citations peuvent être traitées dans le désordre ou même de manière irrégulière, peu importe. L’idée de ce rendez-vous est de faire parler notre imagination, et exprimer librement et individuellement ce qu’une phrase nous inspire.

La pluralité de nos regards et de nos compétences permettront une production foisonnante et très riche autour d’un même thème commun.

Nous serons peut-être des centaines à partager nos visions ou alors nous serons peut-être deux… Quoi qu’il en soit, ce rendez-vous reste un prétexte pour produire et partager.

J’en ai assez dit… Je vous laisse ici avec une banque de citations :

Mention spéciale à Suzanne du blog Les chroniques de Sallia qui n’a jamais manqué un seul #RDVdesmots !

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Emballé, c’est pesé !

unbrindemaman © EM – Emballé, c’est pesé !

Les amies, vous devez savoir que nous venons de traverser une méga tempête de cerveaux. Qui s’est avérée fructueuse puisque nous avons enfin passé commande des systèmes d’envoi. Pour cet article Mumpreneuse, je vous parle du casse-tête des envois pour la boutique en ligne unbrindemaman.

Je ne vous ai pas encore présenté les différentes gammes qu’il y aura dans la boutique. Il y aura 7 catégories différentes mais des articles de présentation leur sera dédiés. La difficulté tient du fait que chacun des produits possède une taille et un degré de fragilité différent. Il a fallu se pencher sur les différents types d’envoi possibles. Le produit le plus complexe à envoyer étant : les cadres ! Pour en parler très brièvement, il y aura deux types de cadres. Des petits cadres carrés que vous connaissez déjà et qui seront envoyés sans vitre, et puis d’autres plus grands, en taille A4, qui seront envoyés, idéalement, vitrés.

Comment être sûre que la vitre ne se brise pas en chemin ? Comment bien emballer pour que ce soit élégant et joli mais sans exploser le budget ? Comment faire si une personne commande juste une toute petite chose ? Et comment faire si quelqu’un prend de tout ? Mille questions qui fond froid dans le dos, n’est-ce pas ?

Nous avons longuement recherché les différents modes d’envoi possibles et nous avons rencontré beaucoup de contraintes pour que les frais de port ne reviennent pas trop chers aux clientes…. Nous avons aussi rencontré plusieurs bonhommes qui s’y connaissent en envoi de colis, ou lettres…

Je vous ai même fais un petit schéma des différents casse-têtes qui nous ont traversé l’esprit…

unbrindemaman © EM – Schéma dessiné en vitesse sur ordinateur, pour ma défense…

(Bon promis, j’écris et je dessine mieux que ça dans la vraie vie …)

J’avais envie de garder une trace de cette recherche qui a été très enrichissante et amusante au final !

Finalement, je peux simplement vous dire que nous avons opté pour quatre moyens d’envoi différents selon les commandes possibles. Mais je ne veux pas dévoiler le résultat final dès maintenant. Les premières qui commanderont auront le privilège de découvrir la couleur du papier de soie que j’ai choisi, ainsi que le mode de transport un peu spécial pour les tableaux vitrés…

En attendant, j’attends aussi de recevoir les cartes de visite que j’ai désigné un peu plus grandes que la norme pour pouvoir y inscrire un petit mot pour les mamans qui commanderont des tableaux justement… Une fois qu’elles seront arrivées ainsi que les enveloppes et autres cartons, je pourrais procéder à deux tests d’envoi. L’un sera destiné à la maman qui a remporté l’aquarelle suite au concours des 500 sur Instagram. La seconde maman, vous la connaissez toutes sans doute, elle a bien voulu accepter d’être mon « cobaye » pour tester une nouvelle gamme de la boutique, et l’envoi qui va avec…

Je ne vous en dis pas plus, vous en saurez plus bien assez vite !

Je croise les doigts pour tout recevoir au plus vite, et pour que tout arrive à bon port sans dégâts ! Si ces deux tests arrivent sans encombre, je serai vraiment super rassurée des choix que nous avons faits, car tout ceci a un sacré coût tout de même…

Comme quoi, il faut vraiment penser à tout ! En terme de produits, de réalisation, d’emballage, d’envoi, de budget, de prix, de réserves, de déco…

Il est vrai que je n’écris pas un article à chaque fois que nous prenons une décision, mais le résultat est toujours le fruit d’une très riche, longue et intense réflexion !

Pour le moment, notre projet avance bien ! Il bouillonne comme jamais ! Je suis impatiente de vous le dévoiler dans ses moindres détails, mais pour cela il faut encore un peu de patience…

EM.

Je suis vraiment très désolée du retard que j’ai pris sur le blog des copinautes qui me lisent régulièrement. Sachez que je lis vos articles même si je n’ai pas toujours le temps de commenter. Je suis d’ailleurs aussi super en retard sur les réponses aux commentaires de mon propre blog, ce qui ne m’empêche pas de lire toutes les réponses et de les savourer dès que je les vois apparaître dans la boîte mail ! Je dois remédier à tout cela, mais sachez que je suis super reconnaissante de voir que vous continuez à laisser des commentaires alors que je prends du temps pour y répondre. Je ne vous snobe pas, loin de là. Je dois juste trouver mon équilibre entre la boutique qui me prend beaucoup de temps (démarrage oblige), le blog que j’aime tant, et ma vie tout simplement ! Je vous signale aussi que j’ai largement déserté Facebook depuis deux bonnes semaines. Je reviendrai sûrement dès que tout sera plus calé pour la boutique. En revanche, je suis souvent sur Instagram et je réponds plus rapidement à absolument tous les commentaires ! Je vais rattraper tout cela dans les jours à venir et je vous dis à très vite !

 Merci à toutes !!

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#RDVdesmots – Soyons fous

unbrindemaman © EM – RDVdesmots – Soyons fous

Nous sommes déjà samedi dimanche ! C’est l’heure de vous publier le rendez-vous des mots de la semaine avant qu’il ne soit trop tard.

Au menu cette semaine :

« Ceux qui sont assez fous
pour penser qu’ils peuvent
changer le monde
le font en général. »

Steve Jobs

Cette citation me rappelle un souvenir. Un beau jour lors d’une rentrée scolaire, nous avions rendez-vous avec nos professeurs principaux en début d’année pour parler de notre avenir. A cette réunion, nous avions approximativement 5 à 10 minutes par élève. L’organisation était telle que dans une même salle de classe, chacun des deux professeurs s’entretenait seul avec un élève tandis que le reste de la classe attendait en fil indienne dans le couloir de l’autre côté de la porte ouverte qui laissait entendre un brouhaha ambiant. Je suis arrivé ce jour-là sans savoir de quoi allait véritablement retourner notre échange. Je faisais partie des premiers à passer et je me suis installée calmement.

L’enseignant avait une feuille devant lui et après m’avoir demandé mon nom, mon âge et mon niveau… il me lança la question suivante : « Que souhaitez-vous faire plus tard ? » Alors, comme bon nombre d’étudiants de mon âge à cette époque, j’ai répondu vaguement qu’il était trop tôt pour savoir où je finirai et que de toute façon le BAC n’était pas encore passé, que je ne savais pas encore quelles portes pourraient s’ouvrir à moi… Il m’interrompit net. Etait-ce mon temps imparti qui se terminait ou était-il lassé d’avoir déjà entendu ce discours mille fois ? « Quel est votre rêve le plus fou ? » Ce à quoi je répondis tout aussi net : « Architecte ». Un calme s’installa et je le vis inscrire ces 10 lettres à l’encre sur mon « papier d’identité ». Voilà, l’entretien était terminé. Cet échange venait de faire de moi une future architecte.

Je n’ai pas la prétention de dire que j’ai changé le monde… sûrement pas, non. Mais cette petite anecdote me revient parfois à l’esprit parce qu’elle me rappelle que j’ai bel et bien réalisé mon rêve le plus fou de l’époque.

Bien des années plus tard, je voudrais de nouveau énoncer quelques-uns de mes rêves les plus fous du moment. Après tout, c’est bien parce que les rêves sont forgés d’espoir, de travail et d’un soupçon de « magie » qu’ils peuvent être rendu réels… Je pense que rien n’arrive par hasard, mais je voulais retenter l’expérience. Peut-être que les inscrire ici participera à les concrétiser en partie.

Les voici en vrac :

– Je rêve de pouvoir toujours voir grandir et faire grandir moi-même mes enfants, aussi nombreux soient-ils.

– Je rêve de mettre mes compétences d’architecte au profit de belles causes. Quand je dis belles causes, je ne parle pas de dessiner de belles villas… ce qui reste toujours très intéressant, mais ce n’est pas ce vers quoi j’aspire. Je suis loin de rouler sur l’or, mais cette profession a de beau que la finalité du processus doit toujours servir à abriter, et… il y a des tas de gens à abriter sur terre…

– J’ai un rêve un peu dingue qui me vient d’une envie un peu folle parfois… ouvrir une librairie dans ma ville. Oui oui, cela vous semble-t-il étrange ? Je pense à une petite librairie jeunesse dans laquelle je pourrais me rendre tous les matins quand je serai plus âgé, pour accueillir des bambins avides de lecture, ce qui participerait par la même occasion à faire revivre un quartier entier qui aurait bien besoin de plus d’activités pour les jeunes.

– C’est imminent je l’espère, mais ce rêve fou ne pouvait pas manquer à cette liste : Je rêve d’officialiser le lancement de la boutique en ligne unbrindemaman. Je rêve que cette marque prenne petit à petit sa place auprès des mamans qui voudront bien accueillir ce projet sur leurs étagères, leurs murs ou simplement dans leur cœur.

– Je rêve d’une longue vie pour ce blog. Que nos échanges restent fréquents. J’ai plein de nouveaux petits projets en perspective (vidéos…), et d’autres dont nous avons déjà parlé ici, ce qui m’amène à mon prochain rêve fou…

– Je rêve d’écrire le livre que vous m’avez proposé d’écrire. (Voir la section Livre du blog pour en savoir plus.) J’ai déjà le titre et la structure de l’histoire, mais je ne risque pas de vous en reparler tout de suite car il faut vraiment que je trouve le temps d’entamer un bon morceau avant de vous en partager une partie et d’avoir vos premiers avis. Ce projet qui me tiens à coeur prendra le temps qu’il devra prendre (des mois ? des années ?) mais quoi qu’il en soit, il est dans mon esprit.

– Et puis bien sûr j’ai d’autres rêves, peut-être un peu fous, plus intimes que je garde pour moi et que j’inscrirai ailleurs que sur le blog.

EM.

Et vous ? Quels sont vos rêves les plus fous ? Je vous laisse répondre en commentaire, ou directement sur votre bullet journal pour vos rêves les plus intimes. Pourquoi pas sur votre blog si vous en avez un ? Nous pourrions dire que ce #RDVdesmots aura pris la forme d’un TAG le temps d’une semaine. Je tague toute personne qui aura lu cet article. 😉

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Ma vie à deux vitesses

unbrindemaman © EM – Ma vie à deux vitesses.

Bonjour à toutes ! Je vous retrouve plus en forme que la dernière fois que j’ai pris le clavier. J’ai pris quelques jours pour me reposer et je vais bien. Le pansement de contention n’aura même pas été utile, les choses se sont arrangées seules en mangeant « liquide » pendant quelques jours.

Je vous remercie pour tous vos messages ici et sur les différents réseaux. Vos petits messages privés me réchauffent vraiment le cœur, je ne m’attendais pas à ça en lançant le blog il y a quelques mois et j’ai de plus en plus de belles surprises, merci beaucoup. Cet épisode quelque peu gênant m’aura quand même valu ma première Une Hellocoton ! On ne pourra pas dire que je ne donne pas de ma personne pour faire vivre ce blog ! #humour

En tout les cas, je préfère reporter le #RDVdesmots de cette semaine à la semaine prochaine pour me laisser plus de temps pour y réfléchir (idéalement, et s’il y avait beaucoup de participantes à chaque fois, je laisserai juste cette citation passer et je passerais à une nouvelle citation la semaine suivante sans me soucier d’en manquer une ou non, mais je continue de jouer le jeu avec vous à chaque semaine pour qu’il y ait toujours au moins deux participations ! J’en profite pour remercier les chroniques de Sallia pour ses participations régulières.) J’espère que vous ne m’en voudrez pas… Je vous retrouve donc aujourd’hui pour un petit article, juste parce que j’ai envie d’écrire, vous parler un peu de moi. C’est aussi le principe du blog après tout.

Aujourd’hui, je vous parle du rythme que j’adopte dans mon quotidien. Enfin, je devrais parler de rythmes, au pluriel. Il y en a au moins deux à vrai dire. Je pense que beaucoup de mamans se retrouveront dans mes mots.

Depuis que je suis maman, j’ai un rythme très particulier. Il y a les phases d’une lenteur extrême, ce sont des temps très calmes où je suis à l’écoute de ma fille. Je suis au plus près d’elle, nous passons du temps ensemble. Je la regarde jouer, je lui lis des histoires, je lui en raconte aussi. Nous dessinons ensemble. Je lui laisse le temps, tout le temps qu’elle pourrait avoir besoin pour faire ce dont elle a envie. Même si cela revient à rester posée à côté d’elle pour la regarder et l’encourager.

Il y a deux raisons qui me poussent à prendre ce temps, comme il me vient, sans me poser de questions :

  • Je veux profiter de ma fille. La voir grandir, être à son écoute, l’accompagner à chaque instant et être là pour elle.
  • C’est un pur moment de détente qui me fait du bien au moral.

Pendant ces longs moments où je peux simplement être en train de tenir une pièce de puzzle, ou tendre mon bras une trentaine de fois pour faire un « top là », j’ai souvent l’esprit qui fini par bouillonner. Je réfléchis aux articles que j’aimerais écrire pour le blog. Je réfléchis à la boutique qui ouvrira prochainement aussi. Je me dis que le temps m’échappe, que tout file beaucoup trop vite et que mes journées sont trop courtes pour avoir le temps de réaliser toute mes idées. Puis le son du « top là » me ramène à l’instant présent et mon esprit se calme à nouveau.

Alors bien sûr, dans une journée j’ai aussi beaucoup de choses à faire en dehors de tous ces projets qui m’animent. A la maison, la cuisine c’est mon dada, c’est moi qui prépare tout et j’adore cela. Je n’échangerai pas cette tâche à accomplir qui est un réel plaisir pour moi. Il y a des temps dans la journée où je n’ai pas d’autres choix que de laisser mon mini moi jouer seule. Toujours sous surveillance, mais plus lointaine tout de même. Ces temps-là sont aussi durs pour elle que pour moi. Tout dépend de son degré de concentration au moment où je m’éclipse dans la cuisine. Inévitablement, elle finit par le remarquer et me réclame. Alors j’ai pris l’habitude d’être très organisée et méthodique pour ne pas perdre une seconde. J’ai développé des techniques qui m’étonnent moi-même… Je profite aussi de tous les instants où mon mari s’occupe de notre choupette pour faire ce qui est essentiel pour moi ou pour la famille, en maman poule que je suis.

Le deuxième rythme est débordant d’énergie et de production dans le sens de la concrétisation de mes idées. Il a lieu seulement au moment où notre bébé ferme les yeux. Je pense pouvoir dire que je ne peux absolument rien faire de bien finalisé et précis lorsque notre choupette est réveillée. Rien. C’est-à-dire que tenir un crayon plus de 30 secondes d’affilée relève de l’exploit… Vérifier mes mails est une action possible, mais y répondre est une autre histoire. Si je parviens à déposer mes pensées sur le mémo de mon téléphone en journée, c’est un petit miracle…

Vous l’aurez compris, comme toutes les mamans, j’ai le mode tornade activé dès que les paupières de mon bébé se font lourdes. Je dois vite, vite, faire ce qui est indispensable et qui n’attend pas (linge, vaisselle, balais…) tout en silence car chaque seconde de sommeil doit être rentabilisé. Puis vite ! Vite ! Attraper quelques minutes de production en plein vol pour faire avancer mes petits projets qui me font du bien.

Généralement, j’offre le temps de la sieste aux tâches quotidiennes. Les débuts de soirées/soirées sont pour le blog (pour alimenter le blog et voir celui des copinautes, être sur les réseaux…) et penser ou produire pour la boutique.

Je ne programme presque jamais mes articles. Mes billets sont le fruit d’une réflexion qui a largement le temps de mûrir en journée. Sur plusieurs jours parfois. J’ai rarement besoin de creuser longuement avant de trouver un sujet. J’ai beaucoup de thèmes qui bouillonnent et qui attendent seulement d’être mis en forme. Paradoxalement, moins j’ai de temps pour le blog et plus j’ai envie d’écrire.

Je me dis souvent que j’ai une chance incroyable de pouvoir m’occuper moi-même de ma fille. J’ai le sentiment d’être privilégiée. J’ai aussi conscience que ma situation est très particulière. Je ne peux pas concevoir mon quotidien sans être active sur le plan de la réflexion ou de la création. Alors j’essaie de combiner mes deux passions, ma famille et mes petits projets. C’est un bel équilibre qui est parfois déconcertant, cerné entre des phases au ralenti, dans un temps étiré pour s’accorder au rythme de mon bébé, une douce lenteur. Et en face de cela il y a ces accélérations frénétiques, contenues dans un temps très court, pour avoir le temps de faire le plus de choses possibles. C’est une forme de contrat que j’ai signé avec moi-même. Une dose d’adrénaline que j’aime retrouver à des moments de la journée.

Et le repos dans tout cela ?

Un jour, une puéricultrice m’a dit : « Le sommeil d’une maman allaitante vaut le double de celui d’une femme qui n’a pas même d’enfant. » Je me suis souvent demandé si cette affirmation était vraie. Par malheur, mon époux était présent au moment où cette phrase assassine a été lancée. Je me fais régulièrement charrier depuis. Selon cette hypothèse, quatre heures devraient suffire à me recharger au même titre que si j’avais dormi huit heures… J’y crois sans y croire. Il est vrai que depuis que j’ai un petit être dans ma vie, mes nuits sont le dernier de mes soucis. Je dors vraiment très peu et finalement je me dis que tous les temps calmes que je partage avec ma fille sont terriblement reposants, alors je ne sais pas trop.

Tout ce que je peux dire, c’est que ma vie à deux vitesses, je l’aime. Je l’aime parce que j’ai une chance incroyable d’avoir ma fille auprès de moi. Je l’aime même si parfois, il m’arrive d’avoir envie de vouloir m’isoler un peu pour me concentrer, pour écrire ou dessiner… Je l’aime parce qu’à côté de cela j’ai cette chance d’avoir la possibilité d’élever mon enfant moi-même, que nous partageons beaucoup de temps ensemble. Parce que nous nous forgeons des souvenirs indélébiles. Je l’aime parce que finalement le temps, pour moi et pour mes projets, je finis toujours par le trouver. Je choisis mes priorités et j’avance… Je laisse mûrir mes idées et je laisse le temps au temps. Ma vie à deux vitesses, je l’aime même si j’ai tendance à tirer un peu trop sur la corde le soir et que je fais passer mes projets avant mon sommeil… sommeil qui me donne parfois le sentiment d’en perdre, du temps… Ce temps si précieux, je le chéris chaque jour. Je pense que je ne goûterais pas au même plaisir si j’échangeais une partie du temps que je passe avec ma fille contre du temps de production pour mes projets. Pour ce qui est de ma carrière d’architecte, je n’en parle même pas. Je fais le choix de la mettre entre parenthèse un moment. Je suis reconnaissante de pouvoir le faire. Pour certaines femmes, la carrière passe avant tout. Moi je suis de celles qui seraient meurtries de ne pouvoir accompagner la chair de ma chair dans ses premières années, surtout avec une profession aussi prenante que la mienne #nolife. Alors ma règle d’or, c’est de laisser le temps faire les choses, de trouver mon équilibre en restant toujours épanouie auprès de ceux que j’aime, en continuant toujours de faire ce que j’aime. J’ai un rythme assez particulier en ce moment. Un temps particulier pour un rythme particulier. « Laisse-toi porter. »

Ma vie aux mille allures, c’est une vie de maman qui partage son propre temps avec celui de ses enfants et de sa famille. Toutes les mamans ne choisissent pas la même rythmique, mais toutes les symphonies restent mélodieuses tant que les bébés et les parents sont épanouis, puisqu’au final c’est tout ce qui compte.

EM.

Ma vie à deux vitesse, je l’aime beaucoup. Et vous, quel est le rythme que vous avez adopté ? Vous travaillez depuis chez vous ? En extérieur ? Vous êtes mère au foyer ? (Ce qui n’est pas moins un travail.) Comment organisez-vous votre temps entre vos projets et votre vie de famille ?

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